Le PDG de l’Office du Niger face aux exploitants agricoles des sept zones : « Je prends l’engagement de restaurer la grandeur de notre terre », a déclaré Dr Samba Bocary TOUNKARA
Dans un contexte marqué par les enjeux cruciaux de souveraineté alimentaire et de relance agricole, le nouveau Président Directeur Général de Office du Niger, Dr Samba Bocary TOUNKARA, a posé les bases de son mandat lors d’une rencontre de prise de contact avec les exploitants agricoles des sept zones de production (M’Béwani, Kolongo, Ké-Macina, Niono, Molodo, N’Débougou, Kouroumari). Une première sortie hautement symbolique, tenue hier mardi, 21 avril, à la Direction de zone de M’Béwani, au pied du pont barrage de Markala, porte d’entrée de l’Office du Niger, véritable poumon hydraulique du système d’irrigation.
«Cette première sortie a été un succès à tout point de vue. L’accompagnement des autorités administratives, municipales et coutumières a été à la hauteur, le dispositif de sécurité a été impeccable, la participation des producteurs et productrices a été massive et inclusive, la mobilisation des médias a été professionnelle et les principales préoccupations des producteurs en termes d’intrants, de travaux d’entretien et divers appuis ont été discutées franchement. Ce n’est pas tout, il faut surtout ajouter que les obligations des uns et des autres ont été passées en revue et l’impératif de s’acquitter de la redevance eau a été réaffirmé, un plan d’actions sera finalisé à l’effet de suivre l’état de mise en œuvre des différents points ». C’est en ces termes que le PDG de l’Office du Niger, Dr Samba Bocary TOUNKARA, s’est adressé à son staff au retour de la mission.
Pour lui, nous devons poursuivre l’effort pour engranger des résultats tangibles. les Quick Wins“ pour confirmer l’ensemble des engagements que j’ai pris en votre nom. les Quick Wins pour ceux qui savent pas, sont des actions à faibles coûts et faibles complexité générant des résultats tangibles mesurables en peu de temps. Ils visent à motiver les équipes, démontrer la valeur du projet et instaurer une dynamique de changement positive.
Face au personnel, aux responsables des organisations paysannes et aux exploitants agricoles venus des différentes zones de production de l’Office du Niger, le ton s’est voulu à la fois solennel et mobilisateur. « En ce jour, devant ce fleuve qui ne ment jamais, comme PDG de l’Office du Niger, je prends l’engagement de restaurer la grandeur de notre terre », a déclaré Dr TOUNKARA, inscrivant d’emblée son action dans une dynamique de rupture et de responsabilité.
Nommé à l’issue du Conseil des ministres du 6 février 2026, le nouveau dirigeant a tenu à placer sa mission dans la vision stratégique nationale « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », qui ambitionne de faire du pays une puissance agricole durable. Dans cette architecture, l’Office du Niger occupe une place centrale, identifié comme un futur « agropole » capable de porter la transformation agro-industrielle du Mali et de la sous-région.
Devant un parterre composé notamment du Président de la Chambre Régionale d’Agriculture de Ségou, des représentants des producteurs et des organisations syndicales, Dr TOUNKARA a détaillé les objectifs ambitieux de la campagne agricole 2026-2027. Parmi eux, une production rizicole attendue de plus de 926 000 tonnes sur près de 142 500 hectares, accompagnée d’un développement accru des cultures maraîchères et de diversification.
Au-delà des chiffres, le choix du pont barrage de Markala comme point de départ de cette tournée n’est pas anodin. « Ce n’est pas qu’un mur de béton et d’acier, c’est le contrat sacré entre le fleuve Niger et notre terre », a insisté le PDG, mettant en avant la dimension stratégique et presque symbolique de cette infrastructure.
Dans ses propos, il a articulé une vision reposant sur cinq piliers fondamentaux : une alliance renouvelée entre administration et producteurs, une collaboration renforcée, une clarification des responsabilités dans la gestion des réseaux hydrauliques, une prise de conscience du coût collectif des défaillances, et enfin, la reconnaissance de l’eau comme bien commun.
Le Président Directeur Général de l’Office du Niger, Dr Samba Bocary TOUNKARA, n’a pas éludé les dysfonctionnements structurels. Il a reconnu une « asymétrie historique d’information et de pouvoir » entre l’administration et les exploitants, appelant à une gouvernance plus inclusive. Cette volonté de réforme s’accompagne d’engagements concrets, notamment en matière d’équité dans la distribution de l’eau entre les zones amont et aval, souvent source de tensions.
Autre chantier majeur : l’audit du cadastre agricole. Objectif affiché : identifier les parcelles non exploitées ou attribuées de manière irrégulière. « La terre doit aller à ceux qui la cultivent réellement », a martelé Dr TOUNKARA, dans une déclaration qui pourrait marquer un tournant dans la gestion foncière de l’Office du Niger.
Si les ambitions sont élevées, leur concrétisation repose sur des défis bien identifiés, à commencer par le financement du programme d’entretien des infrastructures, estimé à plus de 6,4 milliards de FCFA pour 2026. Le taux de recouvrement de la redevance eau, actuellement de 62,5 %, reste un levier clé.
Conscient des difficultés auxquelles font face les producteurs, notamment l’insécurité, la mévente du riz etc, le PDG a néanmoins exhorté à un effort collectif, condition sine qua non pour garantir la pérennité du système irrigué.
« Tant que je serai à la tête de l’Office du Niger, chaque goutte déviée par les vannes du Barrage servira la production, la création de richesse et d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes. Je veillerai personnellement à ce que le partage de l’eau soit juste, du premier canal jusqu’au dernier champ en bout de réseau ; à restaurer l’équité Amont-Aval : Les paysans en « tête de canal » (amont) surconsomment l’eau, laissant ceux de la « queue de canal » (aval) dans la pénurie, provoquant des tensions sociales. En conséquence, je réaffirme notre engagement pour la maintenance rigoureuse des infrastructures hydrauliques afin de garantir une distribution équitable de l’eau » dixit le patron de l’Office du Niger.
Cette première sortie officielle aura donc été bien plus qu’une simple visite protocolaire. Elle marque le lancement d’un projet de transformation en profondeur, visant à faire passer l’Office du Niger d’un simple périmètre irrigué à une véritable puissance agro-industrielle.
« Mettons-nous au travail pour que le Mali ne dépende plus jamais de personne pour se nourrir et prospérer », a conclu Dr TOUNKARA, appelant à une mobilisation générale.
À Markala, au bord du pont barrage chargé d’histoire, c’est peut-être une nouvelle page qui commence à s’écrire pour l’agriculture malienne.
Source : CCRP/ON
