Traite des personnes et pratiques assimilées au Mali : Le rapport annuel 2025 remis au ministre Kassogué
Tenue de la 1ère audience publique de la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance de la Commune V.
La salle de conférence du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a abrité, ce jeudi 23 avril, la cérémonie de remise du rapport annuel 2025 sur la traite des personnes et les pratiques assimilées au Mali.
Dans son réquisitoire, le Procureur près le Tribunal de grande instance de la commune V du district de Bamako, Ousmane Fati a rappelé que la justice ne se limite pas à l’application strict des textes. Car, dit-il, elle est aussi une valeur et un idéal fondés sur l’équilibre, la vérité, l’éducation et la confiance. Et d’ajouter que cette première audience joue un rôle de test grandeur nature de la réforme qui renforce la crédibilité de l’Etat dans sa volonté inébranlable de répondre aux aspirations des justiciables et témoigne aussi que les juridictions criminelles sont désormais opérationnelles.
Avant de préciser que cinq affaires sont inscrites au rôle de cette audience avec six accusés et classées ainsi qu’il suit : crimes de sang (un cas de meurtre) ; infractions contre les mœurs (enlèvement de personne, attentat à la pudeur et pédophilie) ; infractions contre les personnes et leurs biens (vol qualifié, complicité d’hommage à la propriété mobilière d’autrui et menace de mort).
Pour sa part, le Bâtonnier de l’ordre des avocats du Mali, Souleymane Soumountéra a rappelé, dans sa plaidoirie, le rôle fondamental de la défense dans cette nouvelle architecture de la justice malienne. Et de poursuivre que le rôle du barreau sera plus que jamais celui d’un aiguillon. « Nous sommes vigilants sur l’efficacité des droits de la défense, sur le traitement de la personne humaine », a-t-il martelé. Selon lui, la sérénité des débats ne doit pas altérer la solennité du jugement des affaires criminelles. Ainsi, poursuit-il, la Chambre criminelle est un lieu où la parole, l’écoute et le temps sont nécessaires pour construire une décision juste et acceptée. Quant au vice-président du Tribunal de Grande instance de la commune V, Dramane Ouattara, il a rassuré le Bâtonnier que la chambre saura se montrer digne de la confiance placée en elle et de la haute vision qu’incarne ce dernier pour le droit au Mali. « Nous vous rassurons de notre engagement ferme et indéfectible que devant cette chambre criminelle qu’aucun accusé ne sera jugée pour ce qu’il est ou pour ce qu’il paraitre, mais pour ce qu’il a fait », a rassuré Ouattara. Le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme s’est dit heureux de voir la mise en œuvre de cette réforme majeure du Code de procédure pénale seulement un an après l’adoption de ce texte de loi. Et d’ajouter que cette mise en œuvre constitue une avancée historique qui permet de marquer une nette rupture avec l’ancienne pratique. Avant de réitérer sa volonté de construire une justice à la fois accessible, crédible et ancrée au plus près des justiciables, afin de servir l’ensemble des citoyens. Par la tenue de cette première audience, notre justice réaffirme son engagement en faveur d’une application rigoureuse, impartiale et équitable de la loi. Cette initiative marque également le passage de la réforme des textes à leur mise en œuvre effective.
Boubacar PAÏTAO
