Football : le choix d’Antony da Silva, un aveu de manque d’ambition de la FEMAFOOT

Football : le choix d’Antony da Silva, un aveu de manque d’ambition de la FEMAFOOT

Le Portugais Antony da Silva est le nouveau sélectionneur des Aigles du Mali.

L’annonce a été faite ce jeudi, peu avant minuit, par la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux. Ce choix par défaut traduit le manque d’ambition de l’instance fédérale.

Le Portugais Antony da Silva est le nouveau sélectionneur des Aigles du Mali. C’est ce qu’a annoncé ce jeudi, peu avant minuit, la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux. L’instance fédérale justifie sa décision par le fait que le Portugais répond « pleinement aux principaux critères techniques définis par la commission ad hoc et a présenté un dossier particulièrement convaincant ». Ce qui est loin d’être conforme à la réalité.

Faut-il le rappeler, l’un des critères édictés par le Comité exécutif de la FEMAFOOT exigeait notamment du futur sélectionneur une expérience significative au plus haut niveau, une bonne connaissance du football africain et international, des preuves de participation à une phase finale de Coupe d’Afrique des Nations (CAN), ainsi que des compétences avérées en gestion de groupe et en leadership. On est bien loin du compte pour l’heureux élu, dont le parcours professionnel en tant qu’entraîneur reste sujet à caution.

Le choix du Portugais n’a pas manqué de faire réagir les internautes maliens, qui ont été nombreux à exprimer leur déception. Et à juste raison. À 46 ans, le nouveau sélectionneur des Aigles n’a aucune expérience du haut niveau. Hormis un rôle d’adjoint auprès de son compatriote Toni Conceição au Cameroun en 2021, il n’a aucune expérience des équipes nationales, et connaît encore moins le football africain. De plus, l’homme n’a entraîné que des équipes portugaises de seconde division.

En choisissant Antony da Silva, le nouveau comité exécutif de la FEMAFOOT, dirigé par Mahazou dit Baba Cisset part sur de très mauvaises bases et laisse une très mauvaise impression. On ne peut pas faire autant de bruit autour du recrutement d’un sélectionneur pour finalement engager un quasi-néophyte. Le parallèle avec les cas de Djamel Belmadi (Algérie), Aliou Cissé et Pape Thiaw (Sénégal) ou Emerse Faé (Côte d’Ivoire) ne saurait prospérer.

Bien que sans « grande expérience » à leurs débuts, ces quatre techniciens ont tous été des footballeurs de haut niveau. A l’exception de Belmadi, les trois autres ont disputé une finale de la CAN. Ce fait d’armes majeur dans la carrière d’un joueur leur confère une connaissance évidente du football africain et de son environnement. Ce n’est pas le cas d’Antony da Silva qui, en tant que joueur, n’a évolué que dans des clubs modestes, le plus célèbre restant le Vitória Guimarães au Portugal.

L’instance fédérale met en avant son projet de jeu. Libre à elle d’y croire. Quoi qu’on en dise, le Portugais reste un choix par défaut qui prouve que notre sélection nationale n’est plus attractive. Pour preuve, la fédération avait d’abord jeté son dévolu sur le Congolais Florent Ibenge, qui a décliné l’offre du Mali pour s’engager avec un club tanzanien.

A travers ce choix pour le moins controversé, le nouveau comité exécutif trahit l’un de ses engagements majeurs : celui de recruter un sélectionneur expérimenté, capable de faire franchir un nouveau palier aux Aigles du Mali. Au vu du CV d’Antony da Silva, le doute est plus que permis, même s’il est vrai que c’est au pied du mur qu’on reconnaît le maçon.

Il faut rappeler que Antony da Silva succède au belge Tom Saintfiet dont le bail sur le banc des Aigles n’a pas été renouvelé.

Abdrahamane SISSOKO / maliweb.net

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