Présentation du premier sondage national d’opinion : le Centre Sahel veut faire de la voix des citoyens un levier de gouvernance
Selon une enquête d’opinion nationale publiée par le Centre Sahel, plus de 8 Maliens sur 10 soutiennent la gestion de la Transition. Toutefois, la lutte contre le terrorisme et la cherté de la vie restent les priorités absolues des populations. L’information a été donné ce jeudi 02 juillet 2026 aux Hommes de médias dans une Hôtel de la place à Bamako par le Centre Sahel. La conférence de presse était animée par Yaya Mémé et le Directeur pays M. Sidiki Guindo.
Le Centre Sahel vient de publier les résultats d’un sondage d’opinion nationale d’envergure. Réalisée par le Cabinet GISSE entre le 2 et le 12 mai 2026 auprès de 2 320 personnes dans huit villes majeures du pays (Bamako, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou et Gao), cette enquête offre une photographie précise des perceptions citoyennes à un moment charnière.Menée juste une semaine après les événements marquants du 25 avril 2026, l’étude met en lumière une adhésion largement majoritaire aux autorités actuelles, tout en soulignant les défis quotidiens jugés prioritaires par les Maliens.Une confiance solide envers les autorités de la Transition.Le premier enseignement majeur de ce sondage est le niveau élevé de satisfaction globale. Plus de huit Maliens sur dix (83,9 %) se déclarent satisfaits de la conduite actuelle des affaires publiques, traduisant une confiance nette dans les orientations de l’exécutif.Cette dynamique positive est particulièrement incarnée par la figure du chef de l’État : plus de 90 % des personnes interrogées affichent une opinion favorable du Président de la Transition. Le rapport note toutefois des nuances géographiques, l’adhésion étant légèrement moins marquée dans des localités comme Gao, Mopti et Kayes, ce qui invite à une attention accrue aux réalités locales.
La sécurité et le quotidien au cœur des préoccupations
Si le soutien politique est au rendez-vous, les citoyens attendent des résultats concrets sur les crises qui impactent leur quotidien. Sans surprise, la sécurité demeure la priorité absolue.
67 % des sondés citent la lutte contre le terrorisme comme le chantier prioritaire du pays.
Parallèlement, les urgences économiques et sociales s’imposent au premier plan des doléances :
La lutte contre le chômage préoccupe 44 % des citoyens.40 % demandent des mesures fortes contre la cherté de la vie.L’accès aux services de base reste un défi, 29 % des personnes interrogées réclamant une amélioration de l’accès à l’électricité, tandis que 27 % attendent …
Les élections ne constituent pas une priorité immédiate
L’étude montre qu’une large majorité des personnes interrogées considère que l’organisation d’une élection présidentielle n’est pas aujourd’hui la priorité du pays. Les citoyens expriment davantage leur attente d’une consolidation de la sécurité, d’une amélioration des conditions de vie et de la poursuite des réformes engagées.
Toutefois, certaines différences régionales apparaissent. Les villes de Tombouctou et de Gao enregistrent une proportion plus importante de personnes estimant que les élections devraient constituer une priorité, illustrant des sensibilités différentes selon les territoires.
À retenir
86,7 % estiment que les élections présidentielles ne sont pas une priorité.
Les avis sont plus partagés à Tombouctou et à Gao.
Une évolution marquée de la perception des partenaires internationaux
Les résultats de l’enquête mettent en évidence une recomposition des perceptions internationales. Les citoyens interrogés expriment une opinion très favorable à l’égard de la Russie, de la chine tandis que plusieurs partenaires occidentaux ou organisations régionales enregistrent des niveaux élevés d’opinions défavorables.
Ces résultats traduisent l’importance accordée par une partie de la population aux questions de souveraineté nationale et au repositionnement diplomatique engagé par les autorités de la Transition.
À retenir
93 % d’opinions favorables pour la Russie.
90,8 % d’opinions défavorables pour la France.
81,9 % d’opinions défavorables pour la CEDEAO.
83,8 % d’opinions défavorables pour l’Algérie.
Des perceptions contrastées concernant les leaders religieux
L’enquête fait apparaître des niveaux de confiance différenciés à l’égard des principales personnalités religieuses. Le Chérif de Nioro et le Chérif Ousmane Madani Haïdara bénéficient d’une image largement positive auprès des personnes interrogées.
À l’inverse, l’imam Mahmoud Dicko recueille une opinion favorable plus limitée au niveau national, même si son image apparaît relativement plus favorable dans la région de Tombouctou.
À retenir
Plus de 85 % d’opinions favorables pour le Chérif de Nioro et le Chérif Ousmane Madani Haïdara.
20 % d’opinions favorables pour l’imam Mahmoud Dicko au niveau national.
Un soutien qui s’accompagne d’attentes fortes
Au-delà du niveau de satisfaction exprimé, les résultats montrent que le soutien à la Transition s’accompagne d’une forte attente de résultats concrets. Les citoyens souhaitent avant tout une amélioration durable de leur sécurité, de leurs conditions de vie et des services essentiels.
L’étude souligne également l’importance de renforcer la communication autour des réformes engagées et de poursuivre les efforts de proximité avec les populations, notamment dans les régions où les perceptions apparaissent plus nuancées.
À retenir
Les principaux défis identifiés concernent :
La sécurité ;
Le coût de la vie ;
L’emploi ;
L’accès à l’électricité ;
La communication sur les réformes publiques.
Recommandations
Au regard des enseignements de l’enquête, le maintien du niveau de confiance observé passe par la consolidation des acquis de la Transition et par une réponse plus soutenue aux préoccupations exprimées par les citoyens. Les attentes portent en priorité sur le renforcement de la sécurité, l’amélioration des conditions de vie, la création d’opportunités économiques et un meilleur accès aux services essentiels (électricité, carburant…). Les résultats invitent également à renforcer la prise en compte des spécificités régionales afin de garantir une action publique adaptée aux réalités de chaque territoire.
L’étude souligne par ailleurs l’importance d’intensifier les actions de communication et de pédagogie autour des réformes engagées, de favoriser un dialogue permanent avec les citoyens et de poursuivre les efforts visant à renforcer la transparence, la confiance institutionnelle et la cohésion nationale. Ces orientations constituent des leviers essentiels pour accompagner la poursuite des réformes et répondre durablement aux attentes de la population.
SOURCE : Malikunafoni.com
Abdoulaye B Coulibaly
