Falaises de Bandiagara face aux changements climatiques : Le Mali, l’UNESCO et ALIPH lancent une nouvelle phase de sauvegarde
Le CICB a accueilli, le 9 juillet dernier, la cérémonie de pré-lancement du projet » Atténuation des impacts des changements climatiques et mise en valeur du patrimoine du site des Falaises de Bandiagara (2026-2028) «
Financé par l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine (ALIPH) et mis en œuvre par l’UNESCO en partenariat avec le Gouvernement du Mali, ce programme ambitionne de renforcer la résilience des communautés et de préserver durablement l’un des plus prestigieux sites du patrimoine mondial.
La rencontre était présidée par le secrétaire général du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, en présence du gouverneur de la région de Bandiagara, des élus locaux, des représentants de l’UNESCO, d’ALIPH, des partenaires techniques et financiers, des hommes de culture.
Cette rencontre marque une étape importante avant le lancement officiel des activités sur le terrain. Elle a permis de présenter les objectifs, les orientations stratégiques et les modalités de mise en œuvre de ce nouveau projet, tout en recueillant les contributions des différents acteurs appelés à accompagner sa réalisation.
Le site des Falaises de Bandiagara, inscrit depuis 1989 sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que bien mixte culturel et naturel, constitue l’un des joyaux du patrimoine malien. Il est reconnu pour la richesse de son architecture traditionnelle, composée notamment d’habitations anciennes, de greniers, de toguna, de Gin’na, de sanctuaires et d’autels, témoins d’un héritage culturel intimement lié aux traditions et aux savoir-faire des communautés dogon.
Cependant, ce patrimoine exceptionnel est aujourd’hui confronté à de nombreuses menaces. Les effets des changements climatiques, la dégradation progressive des bâtiments anciens, les mutations socioéconomiques ainsi que l’insécurité persistante dans la région de Mopti fragilisent considérablement sa conservation. Depuis 2015, les violences ont entraîné la destruction partielle ou totale de nombreux édifices traditionnels dans plusieurs villages situés à l’intérieur du site et de sa zone tampon, affectant non seulement le patrimoine bâti, mais également le tissu social des communautés.
Face à cette situation, l’UNESCO et le Gouvernement du Mali, avec l’appui financier d’ALIPH, poursuivent leurs efforts pour assurer la sauvegarde durable du site. Un premier projet lancé en 2022 a déjà permis d’obtenir des résultats jugés encourageants avec la reconstruction de 345 éléments architecturaux, dont des habitations, des greniers et des toguna répartis dans neuf villages ainsi qu’à Bandiagara. Cette première phase a également renforcé les capacités des acteurs nationaux et locaux en matière de conservation du patrimoine.
Le nouveau programme, signé en mars 2026 entre l’UNESCO et ALIPH, constitue la deuxième phase de cette initiative. Il entend intégrer davantage les enjeux liés aux changements climatiques dans les actions de préservation du patrimoine tout en favorisant sa valorisation au profit des populations locales.
Selon les responsables du projet, cette nouvelle étape vise également à renforcer la gouvernance du programme, à mobiliser les partenaires institutionnels et communautaires, à définir clairement les responsabilités des différents intervenants et à élaborer une stratégie de communication capable d’assurer une meilleure visibilité du projet aux niveaux national et international.
Au cours de la cérémonie, le chef du projet a présenté les principaux axes d’intervention, les résultats attendus ainsi que la stratégie de mise en œuvre devant les participants. Les échanges ont permis d’enrichir la feuille de route qui guidera le lancement officiel des activités à Bandiagara.
A travers cette initiative, le Mali, l’UNESCO et ALIPH réaffirment leur engagement commun à préserver l’un des plus importants patrimoines culturels d’Afrique tout en adaptant sa protection aux défis croissants des changements climatiques et aux réalités des communautés qui en sont les premiers gardiens.
M.S.
