Justice internationale : avec le Tchad, la CPI perd un deuxième membre en 72h
La Cour pénale internationale (CPI) est dans la tourmente. Le Tchad a notifié, ce 27 juillet 2026, sa décision de se retirer du Statut de Rome. Vendredi dernier, c’était au tour du Venezuela d’annoncer son retrait de la CPI. Ce même jour, le procureur Karim Khan a été destitué, une première dans l’histoire de cette institution judiciaire.
Le Tchad s’appuie sur les statistiques publiées par la CPI elle-même pour justifier ce retrait. Le ministère des Affaires étrangères pointe une efficacité qu’il juge limitée et une application jugée à géométrie variable, seize ans après l’entrée en fonction de la Cour en 2002. N’Djamena qualifie sa décision de « souveraine » et l’inscrit dans le prolongement d’un « examen approfondi » du fonctionnement de la juridiction internationale depuis sa création.
Les chiffres avancés sont précis : sur 125 États parties au Statut de Rome, dont 33 pays africains, la Cour a ouvert 13 enquêtes depuis sa création. Neuf d’entre elles concernent des États africains : Ouganda, République démocratique du Congo, Darfour au Soudan, République centrafricaine, Kenya, Libye, Côte d’Ivoire, Mali et Burundi. Seulement quatre situations ont été ouvertes ailleurs dans le monde, sans avancée concrète significative selon le communiqué.
Le texte relève également qu’un seul examen préliminaire demeure actif au Bureau du Procureur, concernant le Nigeria, un État africain, et que sur les sept personnes actuellement détenues par la Cour, six le sont dans le cadre de situations africaines, contre une seule hors du continent.
Les mêmes arguments de poursuite à géométrie variable ont été avancés par le Venezuela. Le pays, dont le président a été enlevé par l’armée américaine et détenu aux États-Unis, dénonce une juridiction taillée sur mesure pour l’Afrique et l’Amérique latine.
Mamadou TOGOLA/maliweb.net
