S. E. M. Driss Isbayene, ambassadeur de sa majeste le roi du royaume du Maroc au Mali, en exclusivité : « Le Maroc restera, comme il l’a toujours été, un partenaire fidèle, solidaire et engagé aux côtés du Mali »

S. E. M. Driss Isbayene, ambassadeur de sa majeste le roi du royaume du Maroc au Mali, en exclusivité : « Le Maroc restera, comme il l’a toujours été, un partenaire fidèle, solidaire et engagé aux côtés du Mali »

« La relation unique entre le Maroc et le Mali se résume en un mot : la constance »

A l’occasion de la célébration du 27e anniversaire de l’accession de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, au Trône de Ses Glorieux Ancêtres, l’Ambassadeur du Royaume du Maroc au Mali, S. E. M. Driss Isbayene, dresse le bilan des profondes transformations qu’a connues le Royaume au cours des vingt-sept dernières années. Dans cet entretien exclusif, il revient également sur le renforcement historique des relations entre le Mali et le Maroc, les ambitions de la Grande Commission mixte de coopération, les grands projets économiques et les perspectives d’un partenariat stratégique fondé sur la solidarité, le co-développement et le respect mutuel.

Aujourd’hui-Mali : Le Royaume du Maroc célèbre le 30 juillet la Fête du Trône. Quelle est la portée historique et symbolique de cette célébration pour le peuple marocain ?

Driss Isbayène : Cette année, nous célébrons le 27ème anniversaire de l’accession de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, au Trône de Ses Glorieux Ancêtres. Pour les Marocains, la Fête du Trône est bien plus qu’une fête nationale. C’est un moment très important qui montre la relation unique entre le Trône et le peuple marocain. C’est une relation qui s’est construite au fil de l’histoire et qui repose sur la fidélité, la confiance et l’attachement.

La Fête du Trône représente avant tout l’unité nationale, la stabilité, la continuité de l’État et le pacte de l’allégeance entre le peuple et le Roi. Elle nous permet aussi de voir tout le chemin parcouru par le Maroc sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, avec une vision qui place toujours le citoyen au cœur des politiques publiques.

Sous le règne de notre Auguste Souverain, le Maroc a connu de profondes transformations. Sur le plan économique, le Royaume a beaucoup investi dans ses infrastructures, avec des autoroutes, des ports, des lignes ferroviaires et des aéroports modernes. Tout cela a renforcé la compétitivité et l’attractivité du pays.

Aujourd’hui, le Maroc est devenu le pays le plus industrialisé d’Afrique. Il s’est imposé comme une plateforme industrielle et logistique de référence, notamment dans les secteurs clés de l’automobile et de l’aéronautique.

Sur le plan social, de grandes réformes ont également été menées pour améliorer l’accès aux soins, à l’éducation et à la protection sociale. La généralisation de la protection sociale est d’ailleurs l’un des plus grands chantiers lancés sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi.

Enfin, sur le plan régional et international, le Maroc a renforcé sa place comme un partenaire sérieux et engagé. Sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume mène une politique fondée sur le partenariat, la solidarité, le co-développement et le respect mutuel.

En résumé, la Fête du Trône est une célébration qui rassemble tous les Marocains autour des valeurs d’unité, de développement et de confiance dans l’avenir du Royaume.

Le Maroc s’est également imposé comme une puissance économique et diplomatique africaine. Quels facteurs expliquent cette dynamique ?

Je pense que cette dynamique s’explique, d’abord, par la vision portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui a fait le choix d’un développement fondé, à la fois, sur une diplomatie active, une économie compétitive et des investissements de long terme.

Sur le plan diplomatique, le Maroc mène une politique pragmatique et constructive qui a permis d’obtenir des avancées importantes, notamment sur la question du Sahara marocain. Ces dernières années, de nombreux pays ont exprimé leur soutien au plan d’autonomie présenté par le Maroc comme la base la plus sérieuse et crédible pour parvenir à une solution sous l’égide des Nations Unies. Je pense notamment aux États-Unis, à la France, à l’Espagne, à l’Allemagne, au Royaume-Uni, mais aussi à plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique latine et du monde arabe.

Une trentaine d’États ont même ouvert des consulats généraux à Laâyoune et à Dakhla, dans les provinces du Sud. Et au Mali, le 10 avril 2026, restera une date gravée dans nos mémoires.

La décision des autorités maliennes de retirer leur reconnaissance de la pseudo « république sahraouie » est un acte fort qui témoigne, avant tout, de l’amitié sincère et de la fraternité qui unissent nos deux pays. Elle reflète, également, l’excellence des relations et l’estime mutuelle qui existent entre nos deux Chefs d’État.

Sur le plan économique, le Maroc a réalisé des progrès considérables grâce à des investissements massifs dans les infrastructures. Je pense aux autoroutes, aux lignes ferroviaires, aux ports et aux aéroports qui ont considérablement renforcé la compétitivité du Royaume. Le port Tanger Med, par exemple, est aujourd’hui l’un des ports les plus performants au monde. Je pense, également, au train à grande vitesse qui relie Tanger, au nord, à Casablanca, le cœur économique du Maroc, en moins de deux heures. Le Maroc a, aussi, développé une véritable base industrielle. Aujourd’hui, il est devenu le premier acteur industriel d’Afrique, notamment dans les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique. Près d’un million de véhicules sont fabriqués annuellement au Maroc et sont exportés vers de nombreux marchés, notamment européens, et l’industrie aéronautique marocaine fournit des composants utilisés par les plus grands constructeurs mondiaux.

Le Royaume s’est, également, imposé comme un acteur de référence dans les énergies renouvelables, grâce notamment au complexe solaire Noor de Ouarzazate, l’un des plus grands au monde. À cela s’ajoute le tourisme, qui est devenu un véritable moteur de croissance. En 2025, le Maroc a accueilli près de 20 millions de visiteurs, un record qui confirme sa place de première destination touristique en Afrique.

Enfin, je voudrais souligner que cette vision ne se limite pas à l’économie. Elle accorde aussi une place importante à la jeunesse, au sport et au rayonnement international du Royaume. Les performances historiques de l’équipe nationale lors des Coupes du monde de 2022 et de 2026 ont suscité une immense fierté au Maroc, mais aussi dans toute l’Afrique. Nous l’avons aussi vu avec la formidable organisation de la CAN 2025, qui a permis de mettre en valeur les investissements réalisés dans les infrastructures sportives. Le Maroc dispose, aujourd’hui, de stades modernes répondant aux standards internationaux et poursuit la construction du Stade Hassan II, appelé à devenir l’un des plus grands stades au monde. Ces réalisations s’inscrivent dans la préparation de la Coupe du Monde 2030, que le Maroc co-organisera avec l’Espagne et le Portugal. Au fond, tous ces résultats sont le fruit d’une vision cohérente et de réformes menées dans la durée, qui permettent aujourd’hui au Maroc de renforcer son rôle de partenaire économique et diplomatique de premier plan, en Afrique comme sur la scène internationale.

Comment le Royaume concilie-t-il modernisation économique, stabilité politique et préservation des valeurs culturelles et religieuses ?

Je dirais que c’est, justement, l’une des grandes forces du Maroc. Chez nous, le développement économique, la stabilité politique et la préservation de notre identité vont de pair. L’un ne se fait pas au détriment de l’autre. Sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, les réformes sont menées tout en restant fidèles aux constantes de la Nation : la Monarchie, l’unité du Royaume, ainsi que notre attachement à un Islam du juste milieu. Le Maroc veille aussi à préserver la richesse de son patrimoine culturel et les valeurs qui le caractérisent, comme la tolérance, l’ouverture et le vivre-ensemble. Je pense que c’est cet équilibre entre modernité et authenticité qui explique en grande partie la stabilité du Maroc. Il permet au Royaume de continuer à se développer, tout en préservant sa cohésion nationale et son identité.

Quelques jours avant la Fête du Trône s’est tenue la Commission Mixte Mali-Maroc. Quelles étaient vos attentes par rapport à cette importante rencontre ?

Nous nous réjouissons beaucoup de la tenue, du 21 au 24 juillet à Bamako, de la 4ème Grande Commission Mixte de Coopération entre le Maroc et le Mali. C’est une rencontre particulièrement importante, puisqu’elle s’est tenue après 26 ans la dernière Commission ayant eu lieu en 2000 à Rabat. Mais cela ne signifie, absolument, pas que notre coopération s’est arrêtée pendant cette période. Au contraire, elle est restée active et s’est même renforcée dans plusieurs domaines. Cette Commission fut l’occasion de faire le point sur le travail accompli, mais surtout de préparer l’avenir. Nous souhaitons donner un nouvel élan à notre partenariat et renforcer encore davantage notre coopération dans des secteurs prioritaires comme l’agriculture, l’énergie, la santé, la formation professionnelle, les infrastructures, le commerce et l’investissement.

Notre ambition est de bâtir un partenariat toujours plus solide, fondé sur la confiance, le respect mutuel et le principe du gagnant-gagnant, au service des intérêts de nos deux pays et de nos deux peuples.

Le Mali et le Maroc entretiennent des relations historiques de fraternité. Comment la voyez-vous ?

S’il y a un mot qui résume la relation unique qui unit le Maroc et le Mali, je dirais que c’est la constance. Le Maroc a toujours été aux côtés du Mali, quels que soient les circonstances ou les changements politiques. Notre coopération est avant tout tournée vers le peuple malien. Nous respectons pleinement les choix souverains du Mali et nous continuerons à accompagner son développement dans un esprit de solidarité, de fraternité et de respect mutuel.

Nous avons été parmi les premiers pays à condamner les actes lâches et barbares perpétrés par des groupes armés terroristes et séparatistes qui ont conduit à la mort de Feu le général d’Armée Sadio Camara, Paix à son âme. Ces derniers mois, notre coopération a connu une nouvelle dynamique et nous avons ouvert une nouvelle page dans nos relations. Nous avons assisté à des visites à Bamako de plusieurs délégations marocaines venues pour échanger avec leurs homologues maliens sur des projets concrets dans différents secteurs. Nous nous réjouissons de cette nouvelle dynamique et nous sommes convaincus que la Grande Commission Mixte de Coopération permettra de donner une impulsion encore plus forte à notre partenariat.

Dans quels domaines le Royaume accompagne-t-il aujourd’hui le Mali ?

Le Maroc accompagne aujourd’hui le Mali dans plusieurs secteurs prioritaires. Je pense d’abord à la santé. En 2022, la Fondation Mohammed VI pour le Développement Durable a offert au Mali une clinique périnatale Mohammed VI, un projet concret qui contribue à améliorer la prise en charge des femmes et des enfants.

Il y a aussi la formation professionnelle. Le Centre de Formation Professionnelle Mohammed VI de Bamako est actuellement dans sa phase finale de réalisation. C’est un projet très important, car il permettra à des centaines de jeunes Maliens d’acquérir des compétences dans des métiers comme la mécanique, l’électricité, la menuiserie ou encore l’hôtellerie, afin de faciliter leur insertion sur le marché du travail.

Enfin, je dirais que l’un des volets les plus emblématiques de notre coopération est la formation des Imams maliens. Le Mali est, d’ailleurs, le seul pays avec lequel le Maroc a signé, à trois reprises, un accord dans ce domaine.

À ce jour, près de 900 Imams maliens ont été formés au Maroc et 400 autres seront accueillis au cours de la prochaine année académique. Cette formation est fondée sur les valeurs d’un Islam du juste milieu, de tolérance et de coexistence, ce qui contribue aussi à la prévention de l’extrémisme violent. Mais elle a, également, une dimension très pratique. Pendant leurs deux années de formation au Maroc, les imams suivent aussi un apprentissage professionnel dans des domaines comme la mécanique, la couture, l’artisanat ou d’autres métiers. C’est une approche particulièrement intéressante, parce qu’elle leur permet non seulement de mieux servir leurs communautés, mais aussi de développer une activité professionnelle par la suite.

Plusieurs étudiants maliens poursuivent leurs études au Maroc grâce aux bourses accordées par le Royaume. Quel regard portez-vous sur cette coopération académique ?

Je pense que cette coopération est l’un des piliers les plus importants de notre partenariat. Le 10 avril dernier, le Maroc a annoncé l’octroi de 100 bourses supplémentaires par an au profit des étudiants maliens portant le nombre de bourses octroyées au Mali à 300 par an, réparties entre la formation universitaire et la formation professionnelle. Et c’est, d’abord, une opportunité pour la jeunesse malienne et aussi  un investissement dans l’avenir, parce que ces jeunes se forment au Maroc avant de revenir mettre leurs compétences au service du développement de leur pays. Et au-delà des études, ces étudiants deviennent aussi de véritables ambassadeurs de l’amitié entre le Maroc et le Mali. Ils créent des liens humains qui durent toute une vie, et c’est ce qui fait la force de notre relation. Nous sommes convaincus que le meilleur investissement que l’on puisse faire, c’est celui dans la jeunesse.

Je voudrais aussi saluer le travail remarquable de l’Association Malienne des Anciens Stagiaires et Étudiants du Maroc, AMASEM. Cette association rassemble d’anciens étudiants maliens formés au Maroc, qui continuent aujourd’hui à faire vivre cette amitié à travers des initiatives culturelles, économiques et sociales. Nous avons, d’ailleurs, eu le plaisir de les retrouver à l’occasion des ruptures de jeûne (ftours) organisés pendant le mois de Ramadan. Plus de deux cents d’anciens étudiants se retrouvent, parmi lesquels des hauts responsables de l’Etat, dont notamment, le Ministre malien des Affaires religieuses, lui-même ancien étudiant au Maroc.

Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est que ces rencontres réunissaient plusieurs générations, des promotions de 1974 jusqu’à celles de 2023. Il y a, parmi elles un participant malien à la Marche Verte de 1975, qui est aujourd’hui le Président de l’Association Malienne d’Amitié Mali-Maroc, que je salue, par le biais de votre hebdomadaire, pour les efforts menés afin de consolider les liens d’amitié et de fraternité entre nos deux grandes Nations.

Et tout cela montre aussi que les relations entre le Maroc et le Mali ne reposent pas seulement sur des accords entre États. Elles reposent aussi sur des femmes et des hommes qui ont vécu cette amitié, qui la font vivre au quotidien et qui la transmettent aux nouvelles générations.

Quels projets majeurs pourraient prochainement renforcer davantage les relations entre le Mali et le Maroc ?

Plusieurs projets sont en préparation dans des secteurs prioritaires comme la santé, l’énergie, l’agriculture, la formation professionnelle et les infrastructures. La Grande Commission Mixte de Coopération permettra justement de faire avancer ces projets et d’identifier de nouvelles pistes de coopération, en fonction des priorités définies par les autorités de nos deux pays.

Notre objectif est de construire un partenariat toujours plus concret, avec des projets qui répondent aux besoins des populations et qui contribuent au développement du Mali comme au renforcement de nos relations bilatérales.

Quel rôle la diplomatie économique peut-elle jouer dans l’intensification des échanges entre les deux pays ?

Aujourd’hui, la diplomatie économique joue un rôle essentiel. Elle permet de rapprocher nos entreprises, de favoriser les investissements et de créer des opportunités d’affaires qui profitent aux deux pays. Depuis la visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Mali en 2014, plusieurs projets structurants ont vu le jour. Aujourd’hui, quatre grandes banques marocaines ont des filiales au Mali : la Banque Internationale pour le Mali (BIM-SA), la Banque de Développement du Mali (BDM-SA), Bank of Africa et Banque Atlantique. Le groupe Maroc Telecom est, également, présent à travers Moov Africa Malitel, tout comme le groupe  Ciments d’Afrique (CIMAF), qui a investi dans deux cimenteries.

Dans cette même dynamique, le Maroc et le Mali ont organisé, le 23 juillet à Bamako, un Forum Économique Maroc-Mali. C’est une initiative très importante, car elle a permis de mettre en relation les opérateurs économiques des deux pays, de créer de nouveaux partenariats et de développer les échanges commerciaux.

Le Mali dispose d’un potentiel considérable, notamment dans des secteurs comme l’énergie, l’agro-industrie, les mines ou encore les infrastructures. Ce forum permettra aux entreprises marocaines et maliennes de mieux se connaître, d’identifier des projets concrets et de construire ensemble des partenariats durables.

Donc, pour résumer, la diplomatie économique, c’est transformer l’excellence des relations politiques entre nos deux pays en projets concrets, en investissements et en opportunités créatrices de richesse et d’emplois au bénéfice de nos deux peuples.

Quelles opportunités d’investissement le Maroc offre-t-il aux opérateurs économiques maliens ?

Le Maroc offre aujourd’hui un environnement très favorable aux investisseurs. Nous disposons d’infrastructures modernes, d’un cadre des affaires attractif et d’un réseau d’accords commerciaux qui donne accès à de nombreux marchés. Les opportunités sont nombreuses, notamment dans l’industrie, l’agro-industrie, la logistique, les services, les nouvelles technologies, le tourisme et les énergies renouvelables.

Je voudrais, également, mettre en avant le futur port de Dakhla Atlantique, qui est actuellement en construction. C’est un projet stratégique qui s’inscrit dans l’Initiative Royale visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique, à laquelle les États de l’AES ont adhéré. Pour le Mali, ce port offrira une nouvelle ouverture sur les marchés internationaux. Il permettra de diversifier les corridors logistiques, de faciliter les importations et les exportations et de réduire les coûts de transport.

Je voudrais aussi rappeler qu’en avril dernier, le Maroc a décidé de supprimer les autorisations électroniques de voyage pour les ressortissants maliens. C’est une mesure importante qui facilite la mobilité entre nos deux pays, que ce soit pour les hommes d’affaires, les étudiants, les universitaires, les artistes ou les jeunes. Je suis convaincu que faciliter les déplacements, c’est aussi favoriser les échanges, les investissements et le rapprochement entre nos peuples.

La politique africaine de Sa Majesté le Roi Mohammed VI est souvent présentée comme un modèle de coopération Sud-Sud. Comment se traduit-elle concrètement ?

Je dirais que la politique africaine du Maroc repose sur une idée très simple : la coopération doit produire des résultats concrets. Le Maroc ne vient pas avec des solutions toutes faites. Il construit ses partenariats en fonction des besoins et des priorités exprimés par les pays africains.

Notre approche est celle d’une véritable coopération Sud-Sud, fondée sur le respect mutuel, la solidarité et le partage d’expériences. Chacun apporte son savoir-faire et chacun apprend de l’autre. C’est cet esprit qui guide les projets que le Maroc mène en Afrique, qu’il s’agisse des infrastructures, de la formation, de l’agriculture, des énergies renouvelables ou encore du transfert de compétences. L’objectif est toujours le même : réaliser des projets utiles qui créent de la valeur, favorisent le développement et profitent à l’ensemble des partenaires.

Quel rôle le Maroc entend-il jouer dans le développement économique du continent africain ?

Le Maroc souhaite être un partenaire de confiance au service du développement et de l’intégration économique du continent africain. Notre ambition est de contribuer à la réalisation de projets structurants dans les domaines des infrastructures, de la sécurité alimentaire, de la transition énergétique et des investissements.

Je pense, notamment, à l’Initiative Royale visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique. C’est une initiative qui offrira à ces pays de nouvelles possibilités pour développer leurs échanges commerciaux, renforcer leur compétitivité et accéder plus facilement aux marchés internationaux.

Je pense, aussi, au projet de Gazoduc Africain Atlantique. C’est un projet de grande envergure qui contribuera à renforcer la sécurité énergétique de plusieurs pays africains, y compris du Sahel, et qui illustre parfaitement la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, pour une Afrique qui avance grâce à des projets communs, fondés sur la solidarité, l’intégration et le co-développement.

Comment le Royaume perçoit-il les défis actuels liés à la sécurité, à l’emploi des jeunes et au changement climatique en Afrique ?

Ces défis sont liés les uns aux autres et doivent être abordés de manière globale. Il ne peut pas y avoir de sécurité durable sans développement économique, sans emplois pour les jeunes et sans une meilleure adaptation aux effets du changement climatique.

C’est pourquoi le Maroc défend une approche qui associe la sécurité, l’éducation, la formation, l’investissement, la coopération régionale et la solidarité entre les pays africains. Nous sommes convaincus que les défis de l’Afrique doivent trouver avant tout des réponses africaines, fondées sur la responsabilité partagée et une coopération renforcée entre les États du continent.

Quel message souhaitez-vous adresser au peuple malien à l’occasion de la célébration de la Fête du Trône 2026 ?

J’aimerais, d’abord, rappeler que les relations entre le Maroc et le Mali ne datent pas d’aujourd’hui. Elles remontent à plusieurs siècles, bien avant la création de nos États modernes. Et nos peuples se connaissaient et commerçaient déjà à travers les grandes routes caravanières transsahariennes. Donc, nous partageons une histoire, une culture et des liens humains qui se sont construits au fil du temps et qu’il est important de rappeler pour comprendre l’histoire entre nos deux pays.

À l’occasion de la Fête du Trône, je souhaite adresser aux autorités maliennes et au peuple frère du Mali, résilient et fier, mes vœux les plus sincères de paix, de stabilité, de prospérité et de développement. Je voudrais, aussi, réaffirmer que le Maroc restera, comme il l’a toujours été, un partenaire fidèle, solidaire et engagé aux côtés du Mali. Les liens qui unissent nos deux pays sont anciens, profonds et solides, et je suis convaincu qu’ils continueront à se renforcer dans l’intérêt de nos deux peuples. Et comme on dit au Mali : « On est ensemble…et pour longtemps encore inchallah ! ».

Réalisé par El Hadj A.B. HAIDARA

Aujourd’hui-Mali

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