À l’approche des midterms aux États-Unis, Obama redouble d’effort pour faire barrage aux républicains
Levées de fonds, spots publicitaires, meetings… À deux semaines des élections de mi-mandat, l’ancien président met son capital sympathie au service de la campagne des démocrates. Mais n’est-ce pas trop tard ?
« Engagez-vous et aidez les démocrates à remporter l’une des élections les plus déterminantes de l’histoire de notre pays », demande Barack Obama dans une vidéo face caméra postée sur le compte Instagram des démocrates le 9 octobre. Un conseil que l’ancien président semble avoir pris au pied de la lettre, tant sa présence dans la campagne des élections de mi-mandat s’est renforcée ces dernières semaines.
L’implication de l’ex-chef d’État était jusque-là sporadique : un message de soutien au candidat au Sénat de l’Iowa par-ci, un tacos partagé à l’improviste avec James Talarico, candidat au Sénat du Texas par-là… Mais, à l’approche du scrutin, qui aura lieu le 3 novembre, et alors que les sondages annoncent une vague démocrate, Barack Obama a musclé son jeu.
D’après CBS, il aurait tourné pas moins de 24 spots publicitaires et récolté 13 millions de dollars. Le 44e président des États-Unis aurait cependant une stratégie très claire : se concentrer sur les États où il peut « faire bouger les lignes », analyse la chaîne de télévision.
Obama dans la dernière ligne droite
C’est notamment le cas dans le Michigan, où Abdul El-Sayed pourrait l’emporter face au républicain Mike Rogers. Le démocrate pourra compter sur la présence de l’ex-président lors de son meeting du 24 octobre à Detroit. Rien, ni dans la date ni dans le lieu, ne tient du hasard : le 24 octobre marquera le début du vote par anticipation et le Michigan fait partie des « États clés » sur lesquels les démocrates comptent particulièrement pour ravir la majorité au Sénat.
Un soutien qui ne fait pas l’unanimité au sein du parti de l’âne, en raison du positionnement à gauche d’Abdul El-Sayed. « Les gens me disent : “Eh bien, il est vraiment très à gauche.” Mais je ne sais pas… Il est favorable à une hausse du salaire minimum et à un système de santé accessible à tous, et ça ne me semble pas délirant. Vous savez, Franklin Roosevelt défendait aussi ces idées », s’est justifié Obama lors d’une collecte de fonds, rapporte CBS.
« Le soutien du président Obama motivera et mobilisera les électeurs dans la dernière ligne droite et aidera les démocrates de tout le pays à remporter des élections à tous les échelons », résumait Ken Martin, le président du Comité national du Parti démocrate, à la chaîne.
Une cote de popularité au plus haut
Une lourde charge qu’il n’est pas le seul à assumer. D’autres pontes du parti parcourent le pays pour tenter de convaincre les indécis, dont Kamala Harris. Mais l’ancienne candidate à la présidentielle souffre encore de son échec de 2024 et fait figure d’épouvantail auprès de certains candidats, qui préfèrent parfois ne pas être associés à elle.
À l’inverse, Barack Obama bénéficie d’un capital sympathie exceptionnellement élevé pour un ancien président. D’après un sondage réalisé par CNN en mai, il est perçu positivement par 57 % des Américains, contre 34 % pour Donald Trump et 30 % pour Joe Biden.
Sa popularité suffira-t-elle à convaincre les électeurs incertains ? Rien n’est moins sûr. Pour Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géopolitique des États-Unis à l’IRIS, le réveil pourrait être trop tardif et l’empreinte de Trump trop installée. « Aucune grande voix du parti démocrate ne s’est véritablement levée depuis deux ans face aux attaques de Trump envers la démocratie américaine », déplore-t-il dans Le Figaro.
Une analyse que ne partage pas Matthew Dallek, professeur d’histoire à l’Université George Washington. « Obama est l’anti-Trump et, compte tenu de l’impopularité de Trump, il est logique qu’Obama soit très sollicité sur le terrain de la campagne », explique-t-il dans La Presse.
En septembre, NBC News publiait un sondage qui semblait pencher en ce sens. 30 % des électeurs sondés seraient plus enclins à voter pour un candidat soutenu par Donald Trump, contre 47 % quand il s’agit de l’ancien président démocrate.
Après Detroit le 24 octobre, Barack Obama sera à Atlanta le 28 octobre pour soutenir le sénateur Jon Ossoff et Keisha Lance Bottoms, candidate démocrate au poste de gouverneur.
Source: https://www.huffingtonpost.fr/
