Université de Ségou : résilience et ambitions au cœur de la 16ᵉ session du Conseil
La 16ᵉ session ordinaire du Conseil de l’Université de Ségou s’est tenue le 16 février dans un contexte marqué à la fois par le recueillement, la responsabilité et la projection stratégique. Dans son allocution d’ouverture, le Recteur par intérim M. Mory Sidibé a dressé un état des lieux lucide de l’institution, tout en mettant en avant les avancées enregistrées et les défis à relever.La session s’est ouverte sur une note d’émotion. L’inter-session a été endeuillée par la disparition de trois membres de la communauté universitaire : Lacina Diarra, Seydina Aliou Camara et Siaka Koné. Une minute de silence a été observée en leur mémoire, rappelant l’attachement de l’institution à ses valeurs humaines.
Au-delà de l’hommage, cette session revêt une importance stratégique. Les administrateurs sont appelés à examiner plusieurs documents structurants : le rapport annuel d’activités 2025, le Rapport Annuel de Performance (RAP) 2025, le Projet Annuel de Performance (PAP) 2026, le Projet de Plan Stratégique de Développement (PSD) 2026-2030, ainsi que l’expression des besoins en personnel. Autant d’outils de pilotage qui traduisent la volonté de renforcer la gouvernance, la redevabilité et la planification dans un contexte financier contraignant.
Sur le plan académique, l’année universitaire 2024-2025 a été marquée par la continuité des enseignements au sein des quatre structures opérationnelles de l’Université, avec un effectif global de 13 829 étudiants, dont 38 % de femmes. Malgré la pression démographique et les capacités d’accueil limitées, les activités pédagogiques, les examens et la recherche ont été globalement assurés.
Face à la croissance soutenue des effectifs et au déséquilibre entre ressources humaines et population estudiantine, l’Université a engagé des réformes structurantes. L’année 2025 a ainsi vu la mise en œuvre d’un dispositif renforcé de gestion et de programmation des cours, appuyé par une note de service spécifique et un logiciel de planification déployé dans toutes les structures. Cette innovation a permis une meilleure répartition des charges horaires, une réduction des chevauchements, un encadrement plus rigoureux des heures supplémentaires et une traçabilité accrue des enseignements.
La dynamique scientifique s’est également consolidée autour du Centre d’Expertise et de Recherche Appliquée pour le Développement (CERAD), avec la formalisation de cinq laboratoires de recherche, l’organisation de rencontres scientifiques majeures et l’appui au financement de projets de thèse sur budget d’État.
L’Université peut également se féliciter des résultats obtenus à la Commission Nationale d’Établissement des Listes d’Aptitude (CNELA) 2025 : sur seize candidats présentés, treize ont été admis, soit un taux de réussite remarquable de 81,25 %. Ce succès, comprenant onze Maîtres de conférences, un Professeur et un Maître de recherche, renforce significativement le corps enseignant de rang magistral.
Sur le plan des ressources humaines, l’établissement comptait au 31 décembre 2025 un total de 181 agents, dont 104 enseignants-chercheurs et chercheurs. Toutefois, avec un ratio moyen d’un enseignant pour 133 étudiants, largement au-dessus des normes recommandées, la soutenabilité pédagogique constitue un défi majeur. D’où la pertinence du projet d’expression des besoins en personnel soumis à l’appréciation du Conseil.
Le volet budgétaire reflète également les tensions structurelles. En 2025, sur une prévision de plus de 3,86 milliards de FCFA, seulement 60,08 % des ressources ont pu être mobilisées. Insuffisance des crédits notifiés par l’État, difficultés de recouvrement des ressources propres et faible mobilisation des financements extérieurs expliquent cette situation. Pour 2026, un budget équilibré de plus de 4,04 milliards de FCFA est arrêté, en progression par rapport à l’exercice précédent. Néanmoins, la question des arriérés d’heures supplémentaires et des frais liés aux examens, estimés à plusieurs milliards de FCFA, demeure un enjeu sensible pour la stabilité financière et sociale de l’institution.
Malgré ces contraintes, l’Université enregistre des avancées notables en matière d’infrastructures et de partenariats : installation de lampadaires solaires offerts par le PMU-Mali, construction d’une salle informatique équipée à l’IUFP avec l’appui de l’AGEFAU, et mise en place d’un système solaire photovoltaïque de 60 kVA au Rectorat financé sur fonds propres. Des actions concrètes qui améliorent progressivement le cadre de travail et d’apprentissage.
En conclusion, le Recteur par intérim a qualifié l’année 2024-2025 d’année de résilience, de continuité et de consolidation. Malgré les contraintes économiques et structurelles, l’Université de Ségou poursuit ses missions fondamentales de formation, de recherche et de service à la société, tout en préparant l’avenir à travers son Plan Stratégique de Développement 2026-2030.
La 16ᵉ session du Conseil s’annonce ainsi comme un moment déterminant pour consolider les orientations stratégiques et apporter des réponses durables aux défis identifiés, dans la perspective d’un rayonnement accru de l’Université de Ségou sur la scène nationale et sous-régionale.
SOURCE: Malikunafoni.com
