L’eau potable, l’hygiène et l’assainissement pour la santé de la femme : WateAid plaide pour un environnent sain et des accouches sécurisés.
En septembre 2025, WaterAid Mali a lancé la campagne de plaidoyer « L’eau potable, l’hygiène et l’assainissement pour la santé de la femme ». Cette campagne vise à influencer les politiques publiques, mobiliser les ressources pour améliorer l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement dans les centres de santé en général, les maternités en particulier. Ceci afin que les femmes accouchent dans un environnement sain et sûr.
Au Mali, les efforts déployés par l’état ont contribué l’amélioration des conditions d’accès à l’Eau, à l’Hygiène et à l’Assainissement (EHA) dans les établissements de santé. Cependant, ces conditions demeurent insuffisantes dans de nombreux établissements de santé, en particulier les maternités, exposant les femmes, les nouveau-nés et le personnel soignant à des risques évitables d’infections, de complications obstétricales et de mortalité maternelle et néonatale.
En effet, le rapport de l’état des lieux des services EHA dans les établissements de santé au Mali, réalisé en 2024, met en évidence des insuffisances, y compris dans les structures assurant les accouchements.De manière globale, les résultats montrent que :
- 83% des établissements de santé ne disposent pas de l’eau de qualité selon les normes OMS pour les soins ;
- 57% des établissement de santé (CSCom, CSRéf, Hôpitaux) ne disposent pas de douches destinées aux femmes accouchées. Ceci est encore plus critique dans les zones rurales ;
- 31% des établissements de santé ne disposent pas de toilettes séparées Homme/Femme.
Ces insuffisances ont pour conséquences directes sur la santé maternelle et néonatal
- Une augmentation des infections associées aux soins, notamment les infections du post-partum (après l’accouchement);
- Des conditions de travail difficile et à risque pour les sage-femmes ;
- Une perte de confiance des femmes envers les structures de santé ;
- Un frein à l’atteinte des objectifs nationaux et internationaux de réduction de la mortalité maternelle et néonatale.
Pour WaterAid, accoucher dans un endroit où il y a l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement, n’est pas un luxe, c’est un droit pour chaque femme.
Un plan d’action sur trois ans (2025-2028)
La campagne lancée en septembre 2025 s’étendra sur trois ans. Elle ne se limite pas à la sensibilisation des agents de santé sur les bonnes pratiques d’hygiène, elle vise surtout le cœur du pouvoir décisionnel. Les activités prévues ciblent :
- Les décideurs politiques et collectivités : Pour que l’eau et l’assainissement soient inscrits comme priorités dans les budgets ;
- Les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) : Pour mobiliser les fonds nécessaires à la mise de la feuille de route visant l’accès universel à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement dans les établissements de santé ;
- Le secteur privé et les fondations : Pour encourager des investissements innovants et durables dans le secteur de la santé et celui de « l’eau et l’assainissement ».
Vers le « Zéro infection associée aux soins »
Selon le nouveau rapport de WaterAid, les investissements dans l’approvisionnement des établissements de santé en eau, hygiène et assainissement permettraient d’éviter 10 millions de cas d’infections maternelles et 8 580 décès par an dans le monde, pour moins d’un dollar par personne. Ce coût est bien inférieur à celui du traitement de la septicémie (infection). Au-delà de la santé, ces services essentiels de base génèrent des bénéfices qui se répercutent sur les familles, les communautés et la société dans son ensemble, notamment en matière de réduction de la pauvreté, d’éducation et d’égalité des genres
En conclusion, prioriser l’eau, l’hygiène et l’assainissement dans les centres de santé, c’est choisir la vie plutôt que l’infection.
