Mali : la traque des dragues s’intensifie sur le fleuve Niger
Une nouvelle phase de l’opération de lutte contre le dragage illégal a été menée le 30 mars dans le bassin du fleuve Niger, avec de nouvelles saisies et destructions d’engins. Cette campagne, engagée depuis plusieurs mois, s’inscrit dans une offensive plus large contre l’orpaillage par dragage et ses effets sur l’environnement.
Les autorités maliennes ont poursuivi lundi leur opération de destruction des dragues utilisées dans l’exploitation aurifère illégale sur le fleuve Niger, après plusieurs interventions successives menées depuis la région de Koulikoro jusqu’aux localités riveraines du haut bassin.
Selon les informations communiquées sur le terrain, 38 dragues ont été saisies et brûlées au cours de la journée du 30 mars 2026, lors d’une nouvelle étape de l’opération désormais étendue à Katibougou, dans la commune rurale du Mandé, après des passages signalés à Koulikoro, Yanfolila, Bougouni, Moribabougou et Baguinéda.
Cette intervention s’inscrit dans la continuité d’une campagne engagée depuis plusieurs mois contre une pratique interdite par le Code minier malien, qui proscrit l’exploitation des substances minérales dans le lit des cours d’eau par dragage.
Le 26 novembre 2025, une première opération d’envergure avait conduit à la destruction de 23 dragues à Koulikoro, selon les autorités environnementales.
Quelques semaines plus tard, les opérations avaient été élargies à d’autres localités. À Yanfolila, 24 dragues et leurs accessoires avaient été saisies, tandis qu’à Koulikoro, un précédent décompte faisait état d’au moins 21 engins détruits, selon l’Agence du bassin du fleuve Niger.
Au total, les chiffres les plus récents montrent que la campagne a pris une dimension beaucoup plus vaste depuis le second semestre 2025.
En juillet de la même année, l’armée malienne avait mené, du 21 au 23 juillet, une opération baptisée « Djoliba Saniya », au cours de laquelle 206 dragues et six gros moulins avaient été détruits dans cinq localités de la région de Koulikoro, notamment à Bancoumana, Hamdallaye, Kangaba, Balanza et Danga.
Ces interventions visent à enrayer une pratique qui s’est fortement développée le long du fleuve Niger et dans certaines zones aurifères du sud-ouest du pays.
Les autorités justifient ces opérations par la nécessité de préserver le cours du fleuve, dont les berges et les écosystèmes sont affectés par le dragage mécanique.
Des études et reportages de terrain publiés ces derniers mois décrivent une dégradation de la qualité de l’eau, une érosion accrue des berges ainsi qu’une baisse de la ressource halieutique dans certaines zones.
Dans le cercle de Kangaba, au sud-ouest du Mali, plusieurs enquêtes environnementales ont également mis en évidence l’ampleur prise par cette activité, devenue pour certains riverains et orpailleurs un moyen de subsistance, malgré les restrictions légales.
Le fleuve Niger constitue un axe vital pour le Mali, tant pour l’approvisionnement en eau que pour la pêche, l’agriculture et les activités économiques riveraines.
La poursuite des opérations vers d’autres localités du bassin laisse entrevoir une volonté des autorités de maintenir la pression sur les sites de dragage encore actifs.
À ce stade, aucun bilan cumulé officiel actualisé n’a encore été publié pour l’ensemble des opérations menées depuis juillet 2025.
En agrégeant les chiffres disponibles issus des différentes phases confirmées, plus de 290 dragues ont toutefois déjà été détruites ou saisies en moins de neuf mois, sans compter les nouvelles destructions annoncées le 30 mars à Katibougou.
Cette campagne intervient dans un contexte où les enjeux environnementaux liés à l’orpaillage prennent une place croissante dans le débat public au Mali, sur fond de pression économique autour de l’exploitation artisanale de l’or.
MD/ac/APA
Source: https://fr.apanews.net/
