Entre Nous: L’Afrique divise l’Onu, Macky Sall droit dans ses bottes !
Le Président du Burundi, Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et du Gouvernement de l’Union africaine, Evariste Ndayishimiye, a proposé la candidature de l’ancien Président du Sénégal, Macky Sall, au poste du Secrétaire général de l’organisation des Nations Unies (ONU). Macky Sall est le seul africain engagé dans la course pour la succession du Portugais Antonio Gueterres face à Michelle Bachelet de la Chili, Rafael Grossi de l’Argentine et Rebeca Grynspan de Costa Rica.
La candidature de Macky Sall divise l’Union africaine. Trente-huit (38) Etats y sont favorables. Cinq (5) pays demandent plus de temps. Treize (13) gouvernements ont fait des objections. Parmi ceuxci figure le Sénégal. Il est regrettable que le continent noir, berceau de l’humanité n’affiche pas son union dans une telle compétition internationale.
Après la confusion lors du dernier sommet de l’Union africaine où le Premier ministre Ousmane Sonko avait effectué le déplacement en lieu et place du Président Diomaye Faye, Dakar a clairement affiché sa position, le 27 mars dernier, dans une note verbale en soutenant que « la République du Sénégal n’a, à aucun stade, endossé la candidature de l’ancien Président Macky Sall ». La posture du gouvernement sénégalais est-elle le reflet sur la scène internationale des tensions internes au sein de l’appareil d’Etat quant à la conduite à tenir vis-à-vis du Président Macky Sall ?
La Tunisie, l’Afrique du Sud et le Nigéria désapprouvent la candidature de l’ancien Président sénégalais. Selon Abuja, son objection ne porte ni sur le candidat ni sur son État d’origine, mais sur le non-respect des procédures et principes établis au sein de l’UA. Pour le gouvernement nigérian, qui réaffirme son attachement au principe de rotation continentale pour la nomination du Secrétaire général de l’Onu, c’est normalement « le tour de l’Amérique du Sud et des Caraïbes de présenter le prochain titulaire de ce poste, considérant la Caraïbe comme la sixième région du continent africain ».
Malgré tout, la candidature du président Sall reste maintenue, selon un communiqué publié, le week end dernier par la communication du candidat. Pour la députée sénégalaise, Aissata Tall Sall, ancienne ministre des Affaires étrangères, « la personnalité du candidat pèse beaucoup plus que le pays et la région d’origine ». La candidature du Président Mack Sall est actée, souligne-t-elle. Macky Sall n’est pas le seul candidat à ne pas bénéficier du soutien du gouvernement de son pays. Le Chili a refusé d’endosser la candidature de son ancienne Présidente, Michelle Bachelet.
Le successeur du Portugais Antonio Gueterres commencera son mandat, le 1er janvier 2027 après sa nomination par l’Assemblée générale des Nations Unies sur proposition du Conseil de Sécurité.
À titre de rappel, deux Africains se sont succédé au poste du Secrétaire général de l’Onu. L’Égyptien
Boutros Boutros-Ghali a fait un mandat de cinq (5) ans de 1992 à 1996. Le Ghanéen Kofi Annan a accompli deux (2) mandats à la tête des Nations Unies.
Par Chiaka Doumbia
Source : Le Challenger
