56ème session du Conseil d’administration de l’Office du Niger

56ème session du Conseil d’administration de l’Office du Niger

« L’Office du Niger doit devenir un agropole majeur », dixit le PDG Dr Samba Bocary TOUNKARA

Pour cela, il faut une mobilisation accrue des ressources (humaines, financières et matérielles) et une sécurisation de la zone Office du Niger, un espace idéal pour le développement intégré. Au regard de son immense potentiel 2 458 506 hectares se décomposant en 1 907 406 hectares aménageables et 1 445 000 hectares irrigables par gravité.

La salle de réunion de la Direction des Finances et du Matériel du Ministère de l’Agriculture de Bamako a abrité, ce mardi 07 avril 2026, la 56ème session du Conseil d’administration de l’Office du Niger. Cette rencontre stratégique, présidée par le Président Directeur Général, Dr Samba Bocary TOUNKARA, était consacrée à l’examen des performances de l’exercice 2024, dans un contexte marqué à la fois par des contraintes structurelles et des perspectives de transformation ambitieuses.

A l’ouverture des travaux, les administrateurs ont procédé à l’adoption des procès-verbaux des 54ème et 55ème sessions, avant de faire le point sur le niveau d’exécution des recommandations issues de la 54ème session. L’ordre du jour a également porté sur l’analyse approfondie des états financiers 2024, du rapport de gestion ainsi que du rapport général du commissaire aux comptes pour l’exercice clos au 31 décembre 2024.

Dans son allocution, le Président Directeur Général de l’Office du Niger, Dr Samba Bocary TOUNKARA, a exprimé sa profonde reconnaissance aux plus Hautes Autorités du pays pour leur soutien constant au développement du secteur agricole. Il a réaffirmé sa volonté de positionner l’Office du Niger comme un pôle d’excellence en agriculture irriguée durable, compétitive et résiliente, en cohérence avec la vision nationale à long terme et les orientations stratégiques en matière de développement durable « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et sa déclinaison stratégique, la SNEDD 2024-2033.

Dans cette dynamique, la zone Office du Niger selon le PDG doit devenir un agropole majeur, structuré autour de filières prioritaires telles que le riz, la canne à sucre, l’échalote et l’oignon, l’élevage, la pisciculture, ainsi que le blé, récemment intégré pour répondre à une demande nationale croissante. Cette orientation s’inscrit dans une logique de diversification et de sécurisation de la production agricole.

Le PDG a également annoncé la finalisation en cours de la Stratégie de Développement Global à l’horizon 2063 (SDG-ON 2063) ainsi que du Plan d’Action pour le Renouveau (PAR-ON). Ces outils stratégiques visent à impulser une transformation structurelle de l’Office du Niger, avec pour ambition de le hisser au rang de puissance agro-industrielle de référence à l’échelle continentale.

Sur le plan opérationnel, le rapport de gestion met en lumière une campagne agricole 2024-2025 globalement satisfaisante, malgré un contexte sécuritaire encore fragile ayant impacté la mobilité des producteurs et des agents d’encadrement. La superficie exploitée a atteint 131 950,27 hectares, soit un taux de réalisation de 92,74 %, en progression par rapport à la campagne précédente.

La production de riz paddy s’est établie à 773 056,48 tonnes, correspondant à un taux de réalisation de 85,21 % et traduisant une hausse de plus de 22 000 tonnes. Le rendement moyen, quant à lui, s’élève à 5,86 tonnes par hectare, légèrement en deçà des prévisions. Ces performances s’expliquent notamment par une pluviométrie favorable et une meilleure disponibilité de l’eau, ayant permis une optimisation de la consommation hydrique.

Cependant, les résultats apparaissent plus contrastés dans d’autres segments. Le maraîchage a enregistré une superficie exploitée de 10 858,67 hectares (70,40 %) pour une production de 301 340,82 tonnes. La diversification agricole, quant à elle, affiche un taux de réalisation de 55,30 %, avec une production de 63 337,39 tonnes. Ce recul relatif est principalement lié à un recentrage des producteurs vers le riz de contre-saison, jugé plus rentable.

Plusieurs contraintes structurelles ont été identifiées comme facteurs limitants : l’accès insuffisant et tardif aux engrais subventionnés, la pénurie de main-d’œuvre et d’équipements agricoles, l’entretien insuffisant des infrastructures hydrauliques ainsi que les retards dans la mobilisation des financements publics.

Sur le plan budgétaire, l’État n’a mobilisé que 45,44 % des ressources sur 5, 5 milliards prévus, avec un unique décaissement partiel intervenu en novembre 2024. À l’inverse, la redevance-eau affiche un taux de recouvrement satisfaisant de 92,65 % à fin décembre, traduisant une relative efficacité dans la mobilisation des ressources propres.

Malgré ces tensions, les indicateurs financiers de l’Office du Niger demeurent globalement stables. Le chiffre d’affaires s’élève à 7,63 milliards de FCFA, pour un résultat net bénéficiaire de 9,35 millions de FCFA, tandis que le total du bilan atteint 79,83 milliards de FCFA. Des mesures d’ajustement ont toutefois été nécessaires, notamment la réduction des dépenses de fonctionnement et le report de certains travaux d’entretien.

En conclusion, le PDG TOUNKARA a salué l’engagement des Forces Armées maliennes, des producteurs, des agents d’encadrement ainsi que des partenaires techniques et financiers. Il a particulièrement mis en avant l’appui de la Coopération Allemande, qui finance le Projet d’Irrigation de N’Débougou IV à hauteur de 26 milliards de FCFA, ainsi que celui de la Coopération Néerlandaise à travers le Projet de Productivité de l’Eau (PRODEAU), doté de 4,255 milliards de FCFA.

À travers cette 56ème session, l’Office du Niger réaffirme son rôle stratégique dans la quête de souveraineté alimentaire du Mali. Toutefois, les défis structurels persistants appellent à des réformes soutenues et à une mobilisation accrue des ressources afin de concrétiser les ambitions affichées à l’horizon 2063.

Source : CCRP/ON

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