Guinée-Bissau : la CEDEAO rejette les accusations d’ingérence
La Commission de la CEDEAO a énergiquement rejeté, hier lundi, les accusations d’ingérence inacceptable formulées contre sa récente mission en Guinée-Bissau. L’organisation régionale précise avoir agi dans le strict cadre du mandat confié par les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté.
Cette mise au point intervient après une déclaration publiée le 29 juin par le comité national de campagne de l’ancien candidat à la présidentielle, Fernando Dias da Costa. Ce dernier a estimé que les propos du chef de la mission de la CEDEAO constituaient une ingérence dans les affaires intérieures du pays.
Dans un communiqué publié depuis Abuja, la Commission souligne que le chef de mission s’exprimait au nom de la CEDEAO et non à titre personnel ou national. Elle précise que la mission a été déployée conformément à un mandat collectif adopté par l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement.
L’organisation ajoute que sa mission visait uniquement à promouvoir la paix, le dialogue politique, l’ordre constitutionnel et la stabilité régionale.
La Commission insiste également sur le fait que la mission n’a « ni annoncé ni validé » un quelconque processus constitutionnel au nom du peuple bissau-guinéen. Selon elle, elle s’est limitée à présenter les grandes lignes d’une feuille de route politique discutée avec les autorités nationales au cours de ses consultations.
La CEDEAO rappelle que toute décision concernant l’avenir constitutionnel de la Guinée-Bissau relève exclusivement des institutions nationales et du peuple, dans le respect de la Constitution et des lois du pays.
« Elle accompagne depuis plusieurs années la Guinée-Bissau dans ses efforts de consolidation de la paix, de renforcement de la gouvernance démocratique et de préservation de l’ordre constitutionnel », a affirmé la Commission qui souligne que cette action s’inscrit dans le cadre des principes du Traité de la CEDEAO et du Protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance.
La Commission déplore, par ailleurs, les tentatives de présenter son action comme une ingérence étrangère. Elle estime que ces accusations ignorent le caractère multilatéral de la mission ainsi que les décisions collectives qui fondent son mandat.
« La CEDEAO appelle l’ensemble des acteurs politiques bissau-guinéens à faire preuve de retenue et à privilégier le dialogue. Elle réaffirme son engagement à soutenir un processus politique pacifique, inclusif et conduit par les acteurs nationaux, afin de préserver la stabilité du pays et de renforcer ses institutions démocratiques », a ajouté le communiqué de la commission.
Bakary Sangaré
