Circulation des Faux billets : Observer, toucher, vérifier…
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) est montée au créneau pour démentir des informations circulant sur les réseaux sociaux au sujet de prétendus faux billets de banque en circulation. Face aux rumeurs évoquant notamment de faux numéros de série et des différences de dimensions sur certaines coupures, l’institution invite les populations à redoubler de vigilance et à s’appuyer sur les mécanismes officiels d’authentification.
La circulation de messages et de vidéos sur les réseaux sociaux faisant état de l’existence présumée de faux billets de francs CFA suscite de nouvelles inquiétudes au sein du public. Certaines publications évoquent notamment l’utilisation de billets supposés contrefaits dans des points de transfert d’argent, tandis que d’autres font référence à de prétendus faux numéros de série sur les coupures de 5 000 et 10 000 FCFA.
Face à ces informations, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a tenu à apporter une clarification. L’institution monétaire dément être à l’origine des messages qui lui sont attribués et précise qu’aucune modification n’a été apportée à la gamme actuelle des billets qu’elle émet.
Les billets actuellement en circulation dans l’espace de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) demeurent donc valides, rappelle la Banque centrale. Au-delà du démenti, la BCEAO appelle les usagers à adopter un réflexe simple : vérifier systématiquement tout billet reçu lors d’une transaction.
Cette recommandation concerne particulièrement les opérations réalisées dans les commerces, les marchés, les services de transfert d’argent et, plus généralement, tous les circuits où les échanges en espèces restent importants.
Pour lutter contre la contrefaçon, les billets de la gamme actuelle disposent de plusieurs éléments de sécurité permettant au public de vérifier leur authenticité. Parmi les principaux signes figurent notamment les filigranes, les fils de sécurité, les impressions en relief, les mini-lettres, les bandes irisées, les motifs holographiques et les encres à couleur changeante, selon les différentes coupures.
La Banque centrale encourage ainsi les populations à adopter trois gestes essentiels : observer, toucher et incliner le billet afin de vérifier la présence et le comportement des différents dispositifs de sécurité.
Des signes spécifiques selon les coupures
Chaque billet présente des caractéristiques propres. Le billet de 500 FCFA, de couleur dominante orangée, comporte notamment des filigranes, une transvision, un fil de sécurité et des impressions en relief perceptibles au toucher.
Les coupures de 1 000 et 2 000 FCFA disposent également de plusieurs dispositifs permettant leur authentification, parmi lesquels les filigranes, les fils de sécurité, les mini-lettres, les impressions en relief et, selon les coupures, des bandes irisées.
Le billet de 5 000 FCFA intègre, en plus de ces éléments, des dispositifs visuels spécifiques tels qu’un motif diffractif et des éléments holographiques.
Quant au billet de 10 000 FCFA, il comporte notamment une bande holographique, une encre à couleur changeante, des filigranes, un fil de sécurité, une transvision et des impressions en relief.
La lutte contre le faux monnayage ne concerne pas uniquement les banques centrales et les services de sécurité. Elle repose également sur la vigilance des commerçants, des entreprises, des opérateurs de transfert d’argent et des simples citoyens.
La circulation de fausse monnaie peut en effet entraîner des pertes financières pour les particuliers et les entreprises, tout en fragilisant la confiance dans les instruments de paiement.
Dans un espace monétaire comme l’UEMOA, où le franc CFA constitue un outil central des échanges économiques et commerciaux, la préservation de l’intégrité des billets représente donc un enjeu majeur.
La BCEAO indique travailler en concertation avec les structures compétentes chargées de la lutte contre le faux monnayage afin de préserver la sécurité des signes monétaires ayant cours légal dans les États membres.
À travers cette mise au point, la Banque centrale lance ainsi un double message : ne pas céder aux rumeurs, mais rester vigilant. Face à un billet suspect, le bon réflexe reste l’observation attentive de ses signes de sécurité et le recours aux informations diffusées par les canaux officiels.
Ismaël Traoré
Source : Le Capital
