Éducation au Mali : les médias appelés à devenir des acteurs majeurs de la décentralisation
À travers un atelier consacré à la gouvernance locale de l’éducation, la cérémonie d’ouverture a eu lieu ce mardi 1èr Septembre 2026 à l’Hôtel de l’amitié de Bamako. Le PADEM mise sur le rôle des professionnels des médias pour mieux informer les populations, renforcer la redevabilité et placer l’intérêt de l’enfant au cœur des politiques éducatives.
L’avenir de l’éducation ne se joue pas uniquement dans les salles de classe. Il se construit aussi dans les collectivités, au sein des communautés et, surtout, dans la capacité des citoyens à comprendre les décisions qui concernent leurs enfants. C’est tout le sens de l’atelier organisé autour de la gouvernance locale de l’éducation, dans le cadre du Projet d’Appui à la Décentralisation de l’Éducation au Mali (PADEM). Face aux professionnels des médias, le message est clair : la réussite de la décentralisation de l’éducation passe aussi par une information de qualité, accessible et compréhensible par tous. Au cœur de cette rencontre, une conviction forte : une réforme ne peut produire pleinement ses effets que lorsqu’elle est comprise, appropriée et portée par l’ensemble des acteurs. Les journalistes et autres professionnels des médias ont ainsi été invités à mieux comprendre les enjeux liés à la décentralisation de l’éducation, mais aussi les rôles et responsabilités des collectivités territoriales dans la gestion du secteur éducatif. L’objectif dépasse donc la simple acquisition de connaissances. Il s’agit de permettre aux participants de produire des contenus médiatiques capables d’expliquer les réformes, de rapprocher l’information des populations et de favoriser leur participation à la gestion de l’éducation. « Votre rôle va bien au-delà de la diffusion de l’information », a rappelé le Directeur de Save the children Mali M. Emmanuel Diarra, aux professionnels des médias. Une responsabilité qui se traduit concrètement par plusieurs missions : informer les populations sur leurs droits et leurs responsabilités, faciliter le débat public, renforcer la redevabilité, donner la parole aux communautés et valoriser les initiatives porteuses de changement. Derrière les notions parfois techniques de décentralisation et de gouvernance locale, l’enjeu reste profondément humain : garantir à chaque fille et à chaque garçon l’accès à une éducation fondamentale de qualité, dans un environnement sûr, protecteur et favorable à son développement. Le PADEM entend justement contribuer à cet objectif en renforçant la compréhension des réformes en cours et en encourageant une participation inclusive aux processus de gouvernance locale. Car lorsque les communautés comprennent mieux les décisions prises en matière d’éducation et participent davantage à leur mise en œuvre, les premiers bénéficiaires sont les enfants. Des journalistes mieux outillés pour raconter l’éducation. Selon Aly Issa Directeur Général adjoint des collectivités Territoriales « l’atelier veut également répondre à un autre défi : celui de la qualité du traitement médiatique des questions éducatives. Les participants sont appelés à approfondir leurs connaissances sur les mécanismes de gouvernance locale du secteur éducatif, les techniques de traitement journalistique des questions liées à l’éducation, mais aussi les principes d’éthique et de responsabilité sociale dans le traitement de l’information. » Une attention particulière est également accordée à la sauvegarde de l’enfant, rappelant que toute production médiatique consacrée à l’éducation doit préserver la dignité, les droits et la protection des enfants. Au-delà des exposés théoriques, la formation se veut un véritable espace d’échange, de partage d’expériences et de réflexion collective. Aux dires du Directeur Pays de Save the Children M. Emmanuel Diarra « l’une des ambitions affichées est de voir émerger un réseau de professionnels des médias capables d’accompagner durablement les efforts de décentralisation de l’éducation au Mali. L’idée est de promouvoir une information rigoureuse, équilibrée et accessible, capable de rapprocher les politiques publiques des citoyens. Dans cette dynamique, les médias peuvent devenir un véritable trait d’union entre les collectivités territoriales, les communautés, les acteurs de l’éducation et les décideurs. » Une meilleure information peut ainsi favoriser une meilleure compréhension des politiques publiques et permettre aux citoyens de prendre une part plus active aux décisions qui touchent directement leur quotidien. « L’avenir de l’éducation dépend de notre capacité à travailler ensemble » souligne M. Emmanuel Diarra. Cette vision repose sur une ambition simple mais essentielle : unir les efforts pour construire un système éducatif plus performant, plus équitable et plus résilient, au service de tous les enfants. Et dans cette bataille, les médias ont un rôle particulier à jouer : faire comprendre, donner la parole, susciter le débat et rendre visibles les initiatives qui changent les choses. Au bout de chaque réforme, de chaque politique publique et de chaque débat sur la gouvernance, il y a une réalité qui ne doit jamais être oubliée : l’avenir d’un enfant dépend aussi de la qualité de l’éducation qu’on lui donne aujourd’hui.
SOURCE : Malikunafoni.com
Par Abdoulaye B Coulibaly
