COMADE : 134 recommandations adressées au Mali, à travers 14 Départements ministériels, par le Comité des droits de l’enfant des Nations unies à l’issue de l’examen du rapport périodique du pays en mai 2024

COMADE : 134 recommandations adressées au Mali, à travers 14 Départements ministériels, par le Comité des droits de l’enfant des Nations unies à l’issue de l’examen du rapport périodique du pays en mai 2024

Le Mali, à l’instar d’autres pays africains, célèbre ce 16 juin 2026, la Journée de l’Enfant africain. A titre de rappel, cette journée a été instaurée par la Conférence des chefs d’État et de Gouvernement de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en 1991 à Addis-Abeba. Elle rend hommage au soulèvement étudiant de 1976 à Soweto, en Afrique du Sud, qui a entraîné la mort d’étudiants qui manifestaient contre la mauvaise qualité de l’éducation qu’ils recevaient et exigeaient d’être enseignés dans leur propre langue par le régime d’Apartheid. Au fil des ans, cette journée a été l’occasion pour tous les acteurs et parties prenantes impliqués dans la protection et la promotion des droits des enfants en Afrique de se réunir, de consolider leurs objectifs communs et de s’attaquer aux obstacles qui empêchent de construire une Afrique digne de ses enfants.

L’objectif général de la Journée de l’Enfant africain « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique » est de mobiliser l’engagement politique, les ressources et une action coordonnée à travers le continent. Cette initiative vise à garantir un accès équitable, sûr et durable à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant, conformément aux obligations des États en vertu de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant et d’autres cadres pertinents.

C’est dans ce texte que la coalition Malienne pour les droits de l’enfant (COMADE) a animé une conférence de presse ce mardi, 16 juin 2026 avec le soutien de l’UNICEF Mali à la maison de la presse de Bamako. L’objectif de cette conférence de presse était d’informer l’opinion nationale et internationale à travers les Hommes de média les recommandations du comité des droits de l’Enfant de Genève à l’intention du Mali. La conférence était animée par Nouhoum kone représentant de la COMADE à ses côtés Mme Sangaré Aminata Dicko représentante de l’UNICEF Mali et Emanuel camara représentant du parlement des Enfants du Mali.

Lors d’une conférence de presse organisée à Bamako, les acteurs de la protection de l’enfance ont insisté sur la nécessité de traduire ces engagements en actions concrètes pour améliorer durablement la situation des enfants maliens.

Au cœur de cette rencontre figurait la présentation et la vulgarisation des 134 recommandations adressées au Mali, à travers 14 Départements ministériels, par le Comité des droits de l’enfant des Nations unies à l’issue de l’examen du rapport périodique du pays en mai 2024.

Pour la COMADE, l’enjeu ne réside plus uniquement dans la connaissance de ces recommandations, mais surtout dans leur application au sein des familles, des communautés, des établissements scolaires et des politiques publiques.

« Le Mali a fait le bon choix en ratifiant, en 1990, la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Aujourd’hui, il est essentiel que les recommandations issues de ce processus soient pleinement mises en œuvre », a-t-il souligné Nouhoum Koné, représentant de la COMADE.

Les recommandations du Comité couvrent plusieurs domaines jugés prioritaires pour la protection et le bien-être des enfants. Parmi les principales préoccupations figurent la lutte contre toutes les formes de violences faites aux enfants ; l’amélioration de l’accès à la justice adaptée aux mineurs ; la protection des enfants affectés par les conflits armés ; la réduction de la mortalité infantile ; l’accès à l’éducation de qualité ; la lutte contre les pratiques traditionnelles préjudiciables.

Le Comité appelle notamment les autorités maliennes à interdire sans exception la peine de mort pour les personnes qui étaient mineures au moment des faits qui leur sont reprochés.

Il recommande également de s’attaquer aux causes profondes de la mortalité infantile, notamment la pauvreté, les inégalités sociales et les difficultés d’accès aux services essentiels.

Mariage des enfants et éducation des filles en ligne de mire

Parmi les recommandations jugées urgentes figure la révision du Code des personnes et de la famille afin de fixer à 18 ans l’âge minimum légal du mariage pour les filles comme pour les garçons.

Le Comité insiste également sur la nécessité de renforcer l’accès à une éducation inclusive et de qualité, particulièrement pour les filles, qui restent confrontées à de nombreux obstacles liés à la pauvreté, à l’insécurité et aux mariages précoces.

L’appel lancé par les défenseurs des droits de l’enfant intervient dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans plusieurs régions du pays. Ainsi dans les régions de Mopti et Bandiagara, de nombreuses familles continuent de fuir les violences et de se déplacer vers des zones plus sûres. Parmi elles figurent des milliers d’enfants dont la scolarité, l’accès aux soins et les conditions de vie sont fortement perturbés.

Le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a d’ailleurs exprimé sa préoccupation face aux conséquences du conflit armé sur les enfants, notamment l’enrôlement par des groupes armés, les déplacements forcés, la fermeture des écoles et l’aggravation de la malnutrition.

Le Parlement des enfants du Mali, représenté par Emmanuel Camara, a salué l’initiative de la COMADE et appelé à une mobilisation de tous les acteurs pour garantir l’application effective des recommandations. Selon lui, l’objectif est d’éliminer toutes les formes de violences à l’encontre des enfants et de créer un environnement favorable à leur épanouissement.

De son côté, Mme Sangaré Aminata Dicko, représentant l’UNICEF, a rappelé que cette démarche s’inscrit dans une dynamique impliquant plusieurs départements ministériels afin d’assurer une réponse coordonnée aux défis liés à la protection de l’enfance.

Pour les organisations engagées dans la défense des droits des enfants, la Journée de l’enfant africain doit être plus qu’une simple commémoration. Elle constitue une occasion de rappeler que derrière les textes, les engagements internationaux et les recommandations se trouvent des milliers d’enfants dont les droits fondamentaux restent à garantir chaque jour.

La COMADE souhaite que toutes ces recommandations soient prises sans délai.

SOURCE : Malikunafoni.com

Abdoulaye B Coulibaly

malikun