Maouloud : Bamako veille au rythme de la ferveur

Maouloud : Bamako veille au rythme de la ferveur

De nuit comme de jour, la capitale malienne a vibré au rythme des prières, des chants religieux et des enseignements consacrés au Prophète Mohammad (PSL). Une ferveur qui a rassemblé des milliers de fidèles venus de Bamako, des régions et de l’étranger.

21 heures. La nuit enveloppe déjà Bamako. Pourtant, la capitale ne dort pas. Dans plusieurs quartiers, un même mouvement anime les rues : hommes, femmes, jeunes et enfants prennent la direction des lieux de prêche. Au Stade du 26 Mars, à Faladié ou encore au Palais de la culture, des milliers de fidèles se préparent à passer une partie de la nuit à célébrer la naissance du Prophète Mohammad (PSL). 

Aux abords du Stade du 26 Mars, le flot des arrivants ne cesse de grossir. Les motos se faufilent entre les véhicules, tandis que des familles avancent à pied. Des groupes de jeunes, venus de différents quartiers de Bamako, rejoignent progressivement le site. À cette foule, s’ajoutent des fidèles venus de l’intérieur du pays et même de l’étranger. 

Sur l’esplanade, les vendeurs se préparent à une nuit d’activités intenses. Nourriture, vêtements, chapelets, médicaments et divers objets liés à la célébration sont proposés aux visiteurs. Des portraits de Seïd Chérif Ousmane Madani Haïdara et d’autres guides religieux attirent les regards. Chacun joue son rôle : les fidèles cherchent une place, les commerçants proposent leurs produits et les agents de sécurité veillent au bon déroulement de l’événement. 

Pour accéder à l’enceinte du stade, les fidèles doivent passer par plusieurs points de contrôle. Les forces de sécurité, appuyées par les membres de la Fédération Ançar Dine internationale (FADI), assurent les filtrages et orientent les participants. Dans le calme, les fidèles rejoignent progressivement les espaces qui leur sont réservés. 

Il est environ 23 heures. Les gradins et les zones aménagées affichent déjà complet. Les chants de louange en hommage au Prophète Mohammad (PSL) se succèdent. Par moments, les voix de la foule dominent celles des intervenants avant de laisser place au silence lorsque commencent les prêches. 

Les différents orateurs rappellent les valeurs enseignées par le Prophète : la paix, la solidarité, l’amour du prochain et le vivre-ensemble. Dans les tribunes, les fidèles suivent attentivement les messages. Certains immortalisent les moments avec leurs téléphones. D’autres restent plongés dans la méditation. 

À 23 h 30, au moment de notre départ, Seïd Chérif Ousmane Madani Haïdara, très attendu par les fidèles, n’était pas encore arrivé. Mais l’attente ne décourage personne. Le programme se poursuit et la foule demeure présente, convaincue que la nuit sera encore longue. 

Quelques kilomètres plus loin, à Faladié, l’ambiance est différente, mais la ferveur reste intacte. Sur le site du prêcheur Bandiougou Doumbia, les fidèles sont installés en rangs. Ici, pas de grandes tribunes ni d’immenses espaces. L’essentiel se trouve dans l’écoute et le recueillement. Les regards sont tournés vers l’espace réservé aux prêcheurs. Les discussions sont rares. Chacun est venu pour écouter, comprendre et méditer les enseignements du Prophète. 

Au moment de notre passage, Bandiougou Doumbia n’était pas encore présent. Pourtant, les fidèles patientent dans le calme. Cette longue nuit de célébration semble inviter chacun à prendre son temps. 

Dernière étape de notre parcours : le Palais de la culture. Dans la salle Bazoumana Sissoko, les chaises ne suffisent plus à accueillir tous les fidèles. La salle est pleine. Ceux qui ont trouvé une place restent concentrés, tandis que d’autres cherchent encore un espace pour suivre les interventions. 

L’imam Baba Diallo et ses compagnons livrent à leur tour des messages axés sur la paix, la cohésion sociale, l’amour et le respect des autres. La vie et les enseignements du Prophète Mohammad (PSL) occupent une place centrale dans les discours.

Au fil des interventions, des applaudissements et des réactions ponctuent les prêches. Mais au-delà des manifestations de joie, c’est surtout une écoute collective qui marque cette nuit. Des hommes et des femmes de différents horizons se retrouvent autour d’une même célébration. 

Le Maouloud est également célébré dans les mosquées et sur les différents sites de prêche à travers le pays. À Bamako comme dans les régions, la nuit est rythmée par les lectures du Coran, les chants religieux et les enseignements.

Amadou GUEGUERE

L’Essor

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