Entre Nous: Stop aux enlèvements !!!
«Et, enfin, ce qui a trait à l’enlèvement de personne, elle consiste à appréhender cette personne et à la retenir contre son gré, la privant ainsi de sa liberté d’aller et venir.
C’est une infraction très grave à laquelle le Barreau est sensible et, à ce titre, en appelle au respect des règles, de toutes les règles de procédure. Dans le contexte de transition et de reconstruction nationale que traverse le
Mali, garantir la sécurité des personnes et de leurs biens est une priorité absolue. Nos populations ont soif de sécurité et elles attendent de l’État, et donc de la Justice, des signaux clairs de fermeté ».
Ces extraits de l’intervention du Bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Mali, à l’ouverture de la Première Session de la Chambre Criminelle du Tribunal de Grande Instance de la Commune IV du District de Bamako, le 19 mai 2026, sont révélateurs d’un phénomène qui se passe sous nos cieux.
En effet, Me Soumountera attire l’attention sur une pratique dangereuse qui est en train de prendre des proportions inquié tantes, malgré les alertes lancées çà et là.
Des personnes sont enlevées nuitamment sans mandat ni ordre d’interpellation provenant d’une autorité judiciaire compétente. Certaines de ces victimes réapparaissent plusieurs mois sans aucune forme de procès. Sans jamais avoir été présentées à un Procureur de la République ou un juge d’instruction. Plus grave est le cas
de notre confrère Bréhima Touré qui n’a pas donné signe de vie depuis le jour où sa disparition a été constatée. Manifestement, le respect de la présomption d’innocence et de la dignité humaine est la dernière des préoccupations de ceux qui s’adonnent à de telles pratiques.
Nul n’est à l’abri des violations de ses droits, avise régulièrement l’ancien Président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) Aguibou Bouaré.
Force est de lui donner raison, nul n’étant effectivement à l’abri d’enlèvement dont les auteurs ne sont jamais formellement identifiés, encore moins inquiétés par qui de droit.
Dès lors, faudrait-il s’étonner si faisaient tache d’huile, parce qu’ayant inspĺiré des gens ayant des comptes à régler avec d’autres? Seul Dieu sait jusqu’où cette spirale pourrait nous conduire. Alors, stop !
Ceux qui s’y adonnent à doivent comprendre qu’ils peuvent en être victimes demain.
Qu’ils soient commanditaires ou exécutants d’ordre. L’histoire récente de notre pays foisonne d’exemples de hauts responsables soumis à des traitements dégradants au sein d’entités placées sous leur responsabilité.
Il faut mettre fin à ces enlèvements. Malgré les menaces pesant sur l’état de droit au Mali, il importe de rester dans le cadre de la légalité.
Par Chiaka Doumbia
Source : Le Challenger
