LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES AU MALI : LES HOMMES ET LES GARÇONS APPELÉS À DEVENIR DES ACTEURS DU CHANGEMENT.

LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES AU MALI : LES HOMMES ET LES GARÇONS APPELÉS À DEVENIR DES ACTEURS DU CHANGEMENT.

Ce mardi 3 novembre 2026, le mémorial Modibo Keita a servi de cadre pour l’atelier de concertation et de vulgarisation des dispositions de la loi n°2024-027 du 13 décembre 2024 portant Code pénal, les acteurs institutionnels, les organisations de la société civile et les partenaires entendent renforcer la mobilisation collective contre les violences basées sur le genre et les pratiques néfastes. Une initiative qui place également les hommes et les garçons au cœur de la transformation sociale, organisé par l’ONG PACINDA et ses partenaires : ONUFEMMES et la Coopération Allemande. Les violences faites aux femmes et aux filles ne sont pas de simples faits divers. Derrière chaque acte de violence se cachent des vies bouleversées, des rêves brisés, des familles fragilisées et des droits bafoués. Face à cette réalité, le Mali entend renforcer sa riposte en misant sur un levier essentiel : la connaissance de la loi, mais surtout l’engagement de toute la société. C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’atelier de concertation et de vulgarisation des dispositions relatives à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et les pratiques néfastes, prévues par la loi n°2024-027 du 13 décembre 2024 portant Code pénal de la République du Mali. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet d’appui à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles à travers l’engagement et l’implication des hommes et des garçons comme vecteurs de changement. L’ambition est claire : faire en sorte que les nouvelles dispositions juridiques ne restent pas confinées dans les textes, mais soient comprises, appropriées et relayées jusque dans les communautés, les familles et les différentes structures de la société. La lutte contre les violences basées sur le genre exige bien davantage que des textes juridiques. Elle nécessite une transformation profonde des comportements, des mentalités et des rapports sociaux. C’est tout le sens de cet atelier qui réunit différents acteurs engagés dans la promotion des droits des femmes et des filles : représentants des pouvoirs publics, autorités administratives et politiques, organisations de la société civile, légitimités traditionnelles, leaders religieux, jeunes leaders et professionnels des secteurs sociaux et sanitaires. Pour Amadou Konaté président de l’ONG PACINDA, «  il s’agit notamment de permettre à ces différents acteurs de mieux connaître les dispositions du nouveau Code pénal, afin qu’ils puissent à leur tour les expliquer, les diffuser et contribuer à leur application. Car une loi, aussi importante soit-elle, ne peut véritablement produire ses effets si les populations auxquelles elle s’adresse en ignorent le contenu. L’enjeu est donc de rapprocher la justice des citoyens, de renforcer les mécanismes de prévention et de faciliter l’orientation et la prise en charge des personnes survivantes de violences. » Les violences physiques, sexuelles et les pratiques néfastes continuent de constituer des préoccupations majeures pour la société malienne. Les femmes et les filles demeurent particulièrement exposées à différentes formes de violences, parfois dans des espaces où elles devraient pourtant se sentir le plus en sécurité. L’une des particularités de cette initiative réside dans la place accordée aux hommes et aux garçons. Longtemps considérée comme une question relevant essentiellement des femmes, la lutte contre les violences basées sur le genre appelle aujourd’hui une implication beaucoup plus large. Les hommes et les garçons ont un rôle déterminant à jouer dans la prévention, la dénonciation des comportements violents et la promotion de relations fondées sur le respect et l’égalité. Il ne s’agit pas simplement de les sensibiliser, mais de les amener à devenir de véritables ambassadeurs du changement au sein de leurs familles, de leurs communautés et de leurs espaces de vie. Au nom de Madame la ministre chargée de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, M. Amadou Dembelé a rendu un hommage aux participants pour leur mobilisation et leur engagement en faveur de cette cause. Amadou Dembelé a remercié l’ensemble des partenaires techniques et financiers, notamment à la coopération allemande, dont l’accompagnement contribue à la mise en œuvre de cette initiative. Aux noms du Ministre de la promotion de la femme, de l’Enfant et de la famille M. Dembélé a salué les efforts consentis par les différents acteurs et rappelé l’importance de maintenir cette dynamique au-delà des rencontres et des ateliers. La synergie entre les institutions publiques, les organisations de la société civile, les autorités traditionnelles et religieuses ainsi que les partenaires au développement apparaît ainsi comme une condition essentielle pour obtenir des résultats durables. La loi n°2024-027 du 13 décembre 2024 portant Code pénal constitue un repère juridique important dans le renforcement de la réponse nationale face aux violences et aux comportements répréhensibles. Sa vulgarisation doit permettre aux acteurs de mieux comprendre les dispositions applicables, leurs responsabilités et les mécanismes de recours existants. Les modules prévus dans le cadre de cette initiative se veulent ainsi des outils pédagogiques de prévention, de sensibilisation et d’orientation à l’intention des différents maillons de la chaîne d’intervention. L’objectif est de renforcer les capacités des acteurs afin que les personnes victimes ou survivantes de violences puissent bénéficier d’une meilleure écoute, d’une orientation appropriée et d’une prise en charge adaptée.

SOURCE: Malikunafoni.com

Par Abdoulaye B Coulibaly

 

 

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