Orientations après le DEF : Les décisions foulées aux pieds par des élèves

Orientations après le DEF : Les décisions foulées aux pieds par des élèves

Malgré un processus long, rigoureux et coûteux, les décisions d’orientation des élèves admis au Diplôme d’Études Fondamentales (DEF) peinent à être respectées sur le terrain. Une situation qui interroge l’efficacité du dispositif et l’autorité du ministère de l’Éducation.

L’orientation des élèves admis au DEF constitue l’une des étapes les plus sensibles du système éducatif. Ce mécanisme, qualifié par les acteurs du secteur de particulièrement laborieux, se déploie à plusieurs niveaux — local, régional et national — mobilisant d’importantes ressources humaines, matérielles et financières. À l’issue de ce processus, des décisions officielles sont publiées afin de répartir les élèves entre les différents établissements d’enseignement général et professionnel.

Depuis plusieurs années, la lenteur de cette procédure a des conséquences directes sur le déroulement de l’année scolaire. Les nouveaux admis au DEF intègrent les lycées souvent plusieurs mois après les élèves de 11ᵉ et 12ᵉ années, tandis que ceux orientés vers la formation professionnelle ne commencent parfois les cours qu’après deux à trois mois de retard.

Des affectations ignorées par les élèves

Plus préoccupant encore, le non-respect des décisions d’orientation par une grande partie des élèves. Fondé sur des critères dits scientifiques, notamment l’accessibilité géographique et les choix exprimés en amont par les candidats, ce travail est largement ignoré. De nombreux élèves s’inscrivent librement dans les établissements de leur choix, au mépris des décisions officielles, affaiblissant ainsi l’autorité du ministère de tutelle.

Des promoteurs d’écoles lésés

Cette situation affecte directement les promoteurs d’écoles, notamment privées. En se basant sur les listes d’élèves officiellement orientés, plusieurs établissements engagent des dépenses importantes pour l’achat de fournitures et la préparation pédagogique. Or, dans bien des cas, plus de la moitié des élèves concernés ne se présentent jamais. « J’ai reçu la décision d’orientation de 52 élèves dans mon école, mais seulement 17 se sont présentés physiquement », témoigne, sous anonymat, un promoteur d’établissement.

Face à ce constat, une interrogation s’impose : le ministère de l’Éducation peut-il continuer à investir autant de temps, d’énergie et de moyens dans un processus dont le résultat est perçu par les élèves comme un simple document sans valeur contraignante ?

Pourtant, des précédents existent. Sous l’ancien ministre de l’Éducation, Mohamed Ag Erlaf, aucun transfert n’était autorisé au sein d’une même académie après la publication des décisions d’orientation, une mesure qui visait à renforcer la discipline et la crédibilité du système.

Vers une réforme nécessaire ?

À défaut d’une application rigoureuse des décisions, certains acteurs proposent une alternative : autoriser les élèves admis au DEF à s’inscrire librement dans l’établissement de leur choix, le ministère se chargeant ensuite de la régularisation administrative. Une option qui, selon ses partisans, permettrait de gagner en temps, en énergie et en ressources.

En définitive, le dilemme reste entier : soit le ministère affirme pleinement son autorité et impose le respect strict des décisions d’orientation, soit il entérine un laisser-aller qui vide ce processus de son sens, alors même que ces décisions prennent en compte les choix initiaux des élèves bien avant les examens du DEF.

Ousmane BALLO

Source : Ziré

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