hérif Ousmane Madane Haïdara partant pour le retour de l’imam Mahmoud Dicko au pays : Attention aux lignes rouges à ne pas franchir !
Le Président du Haut Conseil Islamique du Mali, Chérif Ousmane Madani Haïdara, a annoncé avoir entrepris des actions auprès des plus hautes instances du pays afin de faciliter le retour de l’imam Mahmoud Dicko, actuellement en exil en Algérie. Cette déclaration a été faite le 12 janvier dernier, lors de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an des forces vives de la nation au Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi Goïta, au Palais de Koulouba.
Lors de son sermon du vendredi 16 janvier, qui s’est tenu après cette cérémonie, Chérif Ousmane Madani Haïdara est revenu sur ses propos. Face aux critiques essuyées à la suite de ses déclarations, le guide religieux a tenu à clarifier sa position pour dissiper les malentendus. Il a rappelé les nombreuses initiatives qu’il affirme avoir entreprises pour obtenir la libération d’imams et acteurs politiques détenus par la justice malienne, soulignant que ces démarches visent à préserver la paix sociale et la cohésion nationale.
Par ailleurs, il a insisté sur l’importance du retour au pays de l’imam Mahmoud Dicko, demandant aux autorités de la Transition de garantir un climat sécuritaire propice et des assurances permettant ce retour. Il a également plaidé pour une ouverture vers un dialogue inclusif. Haïdara a souligné avoir explicitement demandé aux autorités d’assurer que l’imam ne serait pas inquiété à son retour. « J’ai demandé aux autorités de faciliter le retour de mon grand frère au pays et de lui donner l’assurance que rien de grave ne lui arrivera », a souligné Haïdara.
Concernant d’autres figures politiques en exil, il a également encouragé les autorités à faciliter leur réintégration pour favoriser une véritable réconciliation. Toutefois, il a prévenu qu’il était essentiel pour chacun de respecter certaines limites dans leurs déclarations publiques. « Tendez la main et ouvrez le dialogue avec ceux qui sont en déphasage avec le régime. Ceux qui veulent la prendre, prendront votre main et ceux qui ne veulent pas aussi la laisseront, mais tendez quand-même la main », a déclaré le président du Haut Conseil Islamique du Mali à l’intention des autorités de la Transition.
Dans le même registre, Chérif Ousmane Madani Haïdara a réitéré son soutien à la libération des religieux encore détenus par les autorités et évoqué la moralisation des prêches. Il a affirmé que le Président de la Transition avait proposé la mise en place d’un cadre de discussions permettant de mesurer la différence entre les pratiques religieuses au Mali et celles enseignées dans les pays où sont formés certains leaders religieux, dont les discours ont parfois mené à leur incarcération.
Pour illustrer son appel à l’apaisement, Haïdara a exhorté les autorités à continuer de tendre la main et à rester ouvertes au dialogue avec ceux qui pourraient être en désaccord avec le régime, soulignant que ce geste symbolique demeure nécessaire, peu importe les réponses. Selon certains observateurs, cette approche prônée par le guide des Ançars semble salutaire dans un contexte où le Mali continue de traverser une crise multidimensionnelle depuis plus d’une décennie.
Selon ces observateurs, une véritable réconciliation entre toutes les composantes de la nation apparaît désormais incontournable pour retrouver stabilité et paix durable.
Ce qui est sûr et certain, dans la dynamique déclenchée par les plus hautes autorités du pays, il y a des lignes rouges à ne pas franchir, au risque de se retrouver de l’autre côté.
Surtout pas de diffusion de fausses nouvelles, d’atteinte au crédit de l’État, d’incitation à la violence, de troubles à l’ordre public, de tentative de démoralisation des troupes, d’opposition à l’autorité légitime, d’incitation au trouble à l’ordre public, de trouble à la paix publique.
Adama BERTHE
Source : La Rédaction du Mali
