Annulation des résultats du test d’entrée à l’IUG : Les syndicats appellent à plus de transparence et de concertation

Annulation des résultats du test d’entrée à l’IUG : Les syndicats appellent à plus de transparence et de concertation

Une première dans l’histoire de l’Institut universitaire de gestion (IUG) selon les syndicats : les résultats du test d’entrée pour l’année universitaire 2025-2026, proclamés, le 9 janvier dernier, et validés par le rectorat de l’Université des sciences sociales et de gestion de Bamako (USSGB), ont été annulés, le 29 janvier dernier, par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Cette décision, motivée par des irrégularités constatées dans les moyennes d’admission, a suscité de vives réactions au sein de la communauté universitaire. Lors d’une conférence de presse, organisée conjointement hier, par le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP) et le Syndicat national de l’éducation et de la culture (SNEC) de l’IUG, les responsables syndicaux ont tenu à présenter leur version des faits et exprimer leurs préoccupations face à cette situation inédite.

Le secrétaire général du SNESUP à l’IUG, Moussa Keïta, a rappelé que depuis la création du test d’entrée en 1996, une tradition bien établie, en concertation tripartite impliquant l’administration, les enseignants et les syndicats, a toujours prévalu pour organiser l’épreuve dans les règles de l’art. Cette approche collégiale permettait de définir les commissions, les stratégies de déroulement, le choix des sujets et les modalités de correction, sous la supervision du directeur des études.

Cette année, selon les syndicats, ce rituel n’a pas été respecté. Les réunions préparatoires n’ont pas eu lieu de manière inclusive, et plusieurs étapes clés comme la restitution des anomalies après les épreuves ou la participation effective à la commission de vérification des notes ont été écartées ou mal communiquées.

Moussa Keïta a aussi souligné que le directeur par intérim, «en poste depuis mai 2025 et sans expérience antérieure approfondie dans l’organisation de ce test», aurait géré le processus de façon plus solitaire, en étroite coordination avec le rectorat. Les résultats ont pourtant suivi un parcours administratif classique : délibération le 23 décembre 2025, transmission au rectorat le 24 décembre, validation et proclamation autorisée le 9 janvier 2026 par une décision rectorale. Ce n’est que vingt jours plus tard, le 29 janvier, que le ministère a annoncé l’annulation, sans que les détails précis des irrégularités ne soient rendus publics à ce jour.

Les syndicalistes insistent sur le fait que ni le directeur intérimaire, ni les acteurs principaux de l’organisation n’ont été informés officiellement des motifs exacts de cette annulation avant ou après le communiqué ministériel diffusé à la télévision nationale. Ils regrettent cette opacité, qui laisse dans l’incertitude les milliers de candidats, leurs parents et l’ensemble de la communauté éducative.

«Cet événement majeur est attendu chaque année avec impatience par les étudiants et témoigne de la crédibilité et de l’attractivité de l’enseignement dispensé à l’IUG», a déclaré Moussa Keïta. Il a également appelé à un retour à la concertation et à une communication claire pour restaurer la confiance et éviter que de telles situations ne se reproduisent.

Les deux syndicats ont par ailleurs évoqué des enjeux plus larges, notamment la gestion des ressources financières générées par le test et l’évolution des relations entre l’institut et le rectorat ces dernières années. Ils ont réaffirmé leur attachement à la préservation de l’image de marque de l’IUG, établissement reconnu pour la qualité de sa formation et ses frais accessibles.

Dans cet esprit, les deux syndicats entendent poursuivre leur action de manière légale et responsable. Ils prévoient d’adresser des correspondances officielles aux autorités compétentes pour protester contre les dysfonctionnements observés dans l’organisation de cette session et exiger des comptes, y compris la démission des acteurs qu’ils estiment directement responsables de la situation.

Parallèlement, ils se font l’écho des inquiétudes des parents d’élèves et des candidats. Certains jeunes ont déjà procédé à des inscriptions et engagé des frais importants. Les syndicalistes soulignent la nécessité d’une communication claire sur les modalités du futur test : quelles garanties d’équité seront mises en place ? Comment éviter les écueils de cette année ? Ces questions, selon eux, méritent une concertation réelle entre l’administration, les enseignants, les syndicats et les familles.

Amara Ben Yaya TRAORÉ

Source : L’Essor

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