NOVEMBRE BLEU : AU MALI, BRISER LE SILENCE AUTOUR DU CANCER DE LA PROSTATE POUR SAUVER DES VIES

NOVEMBRE BLEU : AU MALI, BRISER LE SILENCE AUTOUR DU CANCER DE LA PROSTATE POUR SAUVER DES VIES

En prélu au lancement officiel de la campagne Novembre Blue édition 2026 de lutte conte le cancer de prostate prévu le jeudi 5 Novembre sur toute l’étendue du territoire National du 1èr au 30 Novembre 2026, le Ministère de la santé et du développement social à travers l’ONASER a organisé une conférence de presse ce mardi 3 novembre 2026 au dit département.

Le présidium était composé de : M. Bouagui Traoré conseiller technique du Ministre de la santé et du développement social, M Ben Moulaye idriss Haidara Directeur de l’ONASER et le pr Amadou Diakité.

Derrière le cancer de la prostate, il y a des hommes, des familles et des destins parfois bouleversés. Face à une maladie encore entourée de préjugés et de silence, le Mali entend faire de Novembre Bleu un véritable rendez-vous de sensibilisation, de prévention et de dépistage précoce. Parler du cancer de la prostate n’est pas toujours facile. Pour beaucoup d’hommes, évoquer cette maladie reste un sujet délicat, parfois même tabou. Certains hésitent à consulter, d’autres ignorent les risques ou pensent, à tort, que cette pathologie ne concerne que les personnes âgées. Pourtant, le cancer de la prostate ne doit être ni une honte, ni une fatalité. C’est justement pour changer les mentalités et encourager les hommes à prendre leur santé au sérieux que la campagne Novembre Bleu entend mobiliser les consciences au Mali. À l’occasion de cette conférence de presse consacrée à cette initiative, les responsables sanitaires et les acteurs de la lutte contre les maladies masculines ont lancé un appel à la mobilisation collective. Prévue pour être lancée officiellement le 5 novembre au CICB, sous la haute présidence des autorités, cette campagne nationale ambitionne de placer la santé masculine au cœur des préoccupations. Au-delà des discours officiels, le message est simple : informer, sensibiliser et surtout amener les hommes à consulter avant qu’il ne soit trop tard.

Briser les tabous pour sauver des vies

Le cancer de la prostate est encore trop souvent associé à la vieillesse. Cette perception contribue à banaliser les risques chez les plus jeunes et à retarder certaines consultations. Pourtant, les intervenants ont tenu à rappeler que la maladie peut également toucher des hommes relativement jeunes. Il est donc important de ne pas s’enfermer dans l’idée qu’elle concerne uniquement les personnes de 70 ou 80 ans. Autre défi majeur : les croyances et les préjugés qui entourent le cancer. Dans certaines communautés, la maladie est parfois perçue comme un mauvais sort, une fatalité ou une épreuve dont il serait difficile de parler publiquement. Ces représentations peuvent éloigner les malades des structures de santé et compliquer leur prise en charge. Il devient alors urgent de déconstruire ces idées reçues. Le cancer n’est pas une malédiction. Il s’agit d’une maladie qui nécessite une attention médicale, un accompagnement adapté et, lorsque cela est indiqué, un dépistage permettant d’évaluer les risques et de favoriser une prise en charge précoce. Se faire examiner ne signifie pas être malade. C’est avant tout prendre ses responsabilités envers soi-même et envers ceux qui nous aiment. L’un des aspects les plus préoccupants de cette maladie reste son impact sur l’entourage familial. Lorsqu’un homme est gravement malade, ce n’est pas seulement sa vie qui est bouleversée. Son épouse, ses enfants, ses frères, ses sœurs et parfois toute une communauté peuvent en subir les conséquences. La maladie peut fragiliser les familles, entraîner des difficultés financières et provoquer une profonde souffrance morale. C’est pourquoi la lutte contre le cancer de la prostate ne saurait être la seule responsabilité des professionnels de santé. Elle concerne également les familles, les médias, les leaders communautaires, les partenaires institutionnels et financiers ainsi que l’ensemble de la société. Chaque homme sensibilisé peut devenir un relais auprès de ses proches. Un père peut encourager son fils à s’informer, un frère peut convaincre son frère de consulter, une épouse peut accompagner son conjoint dans sa démarche de santé. Autrement dit, sauver une vie peut parfois commencer par une simple conversation. Les responsables de la campagne insistent particulièrement sur la nécessité d’améliorer l’orientation des personnes présentant des symptômes ou exposées à un risque accru vers les services de santé compétents. Il ne s’agit pas d’encourager systématiquement tout le monde à subir les mêmes examens, mais de favoriser un dialogue éclairé avec un professionnel de santé. L’âge, les antécédents familiaux, les symptômes et les facteurs de risque doivent être pris en compte pour déterminer les examens appropriés. Les expériences de dépistage évoquées au cours de la rencontre montrent également l’ampleur du travail à accomplir. Selon les intervenants, près de 1 000 personnes avaient été dépistées lors de la précédente opération, avec une proportion importante de résultats positifs rapportés. Un constat qui interpelle et rappelle l’importance de renforcer les dispositifs de prévention et de prise en charge. La campagne entend ainsi améliorer l’information des populations, renforcer les compétences des prestataires de santé et faciliter l’accès aux structures capables d’assurer un accompagnement approprié. Dans cette bataille contre le silence, les médias occupent une place stratégique. Leur mission ne doit pas se limiter à annoncer le lancement d’une campagne ou à relayer des déclarations officielles. Ils doivent contribuer à expliquer la maladie dans un langage accessible, déconstruire les rumeurs, combattre la stigmatisation et encourager les comportements favorables à la santé. La communication doit être juste, compréhensible et surtout non culpabilisante. Un homme qui découvre les risques du cancer de la prostate doit être encouragé à consulter, et non effrayé ou stigmatisé. C’est dans cette dynamique que les organisateurs souhaitent mobiliser les professionnels des médias autour d’un objectif ambitieux : sensibiliser au moins 800 000 personnes et contribuer au dépistage d’au moins 20 000 hommes, selon les objectifs annoncés lors de la conférence de presse.

Novembre Bleu, bien plus qu’une campagne d’un mois

Au fond, l’enjeu de Novembre Bleu dépasse largement les activités prévues pendant le mois de novembre. Il s’agit de construire une véritable culture de prévention, dans laquelle les hommes n’attendent plus l’apparition de complications pour franchir les portes d’un centre de santé. La sensibilisation doit se poursuivre dans les quartiers, les familles, les lieux de travail, les centres de santé et les espaces communautaires. Les structures de référence doivent également être mieux connues afin que les personnes concernées puissent être orientées et accompagnées dans de bonnes conditions. Le message porté par cette campagne mérite donc d’être entendu par tous : parler du cancer de la prostate, c’est déjà contribuer à sauver des vies. Car derrière chaque homme qui hésite à consulter, il y a peut-être une famille qui attend de le voir vivre encore longtemps à ses côtés. Novembre Bleu doit être le mois où les hommes osent parler, où les familles encouragent, où les médias informent et où les professionnels de santé accompagnent. Parce que prendre soin de sa santé n’est pas une faiblesse. C’est un acte de courage, de responsabilité et d’amour envers soi-même et envers les siens.

SOURCE : Malikunafoni.com

Par Abdoulaye B Coulibaly

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